Bruxelles, 26/03/2006 (Agence Europe)- Le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, a confirmé le 24 mars à l'issue des travaux du Conseil européen que son gouvernement avait envoyé le même jour le complément d'information attendu par la Commission dans l'affaire E.ON/Endesa. Suite à l'annonce du projet d'OPA du groupe allemand sur son concurrent espagnol Endesa, Madrid avait décidé de renforcer les pouvoirs du régulateur national de l'énergie. Plutôt favorable à un rapprochement entre Endesa et Gas Natural, le gouvernement a en effet octroyé un pouvoir de blocage accru pour les opérations sur un marché jugé essentiel, et le décret-loi a été avalisé le 23 mars par le Parlement espagnol. Craignant que l'intervention de l'Espagne ne soit pas conforme aux règles du marché intérieur, la Commission avait demandé des explications. M. Zapatero a également indiqué que la chancelière, Angela Merkel, l'avait convié à se rendre en Allemagne en avril pour évoquer la question.
Dans sa lettre à la Commission, le gouvernement espagnol note en particulier que le processus de libéralisation du secteur énergétique est considérablement plus intense en Espagne que dans d'autres Etats membres de l'UE, mais que l'Espagne peut être obligée, comme d'autres pays, de prévoir des mesures pour garantir la sécurité et la stabilité financière des grandes entreprises énergétiques. Les mesures prises par le gouvernement espagnol sont compatibles avec les principes de liberté d'établissement et de libres mouvements des capitaux, ajoute la lettre (qui note entre autres que la Cour de Justice avait rejeté un recours présenté par la Commission européenne contre des mesures belges dont les mesures espagnoles sont une « transcription quasi littérale »).