Bruxelles, 02/03/2006 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a adopté le 2 mars un avis sur la recommandation du Conseil de l'UE sur la nomination d'un nouveau membre du Directoire de la BCE, l'Allemand Jurgen Stark qui remplacera son compatriote Otmar Issing, qui était Chief Economist de la Banque (voir EUROPE n° 9131 au sujet de la décision unanime des membres de l'Eurogroupe entérinée ensuite par le Conseil Ecofin). Un communiqué de la BCE indique que le Conseil des gouverneurs n'a pas d'objection à la nomination du candidat proposé, qui est « une personne dont l'autorité et l'expérience professionnelle dans le domaine monétaire ou bancaire sont reconnues, comme l'exige l'article 112, paragraphe 2, point b, du Traité instituant la Communauté européenne » (rappelons que Jürgen Stark, vice-président de la Bundesbank, a été aussi Secrétaire d'Etat aux Finances à l'époque du Chancelier Kohl). Le communiqué précise que, à la suite de cet avis de la BCE et d'un avis du Parlement européen, le nouveau membre du Directoire sera nommé d'un commun accord par les gouvernements des pays de la zone euro, au niveau des chefs d'Etat ou de gouvernement.
Jürgen Stark sera entendu le 18 avril par la commission économique et monétaire du Parlement européen, avant le vote en plénière. La présidente de la commission parlementaire, la socialiste française Pervenche Berès, affirme dans un communiqué que cette audition sera « le moment de se poser d'importantes questions sur les conditions dans lesquelles les membres du Directoire sont nommés » (l'Espagnol José Manuel Gonzalez-Paramo avait remplacé son compatriote Eugenio Domingo en 2004, et l'Italien Lorenzo Bini-Smaghi a succédé à Tommaso Padoa-Schioppa en 2005, ce qui, pour certains députés européens, pose la question de savoir s'il y a des « sièges permanents » pour les grands Etats membres sur les six sièges du Directoire: EUROPE n° 9136 ). Mme Berès commente: « L'arrivée de Jürgen Stark (…) tourne le dos à une politique économique reposant sur une relance de la demande intérieure ».