Bruxelles, 05/08/2005 (Agence Europe) - Les représentants allemands, britanniques et français (UE3) ont remis vendredi matin aux autorités iraniennes leur paquet de propositions censées dissuader Téhéran de poursuivre des activités nucléaires sensibles, notamment les étapes de conversion et d'enrichissement d'uranium préalables à la production du combustible nécessaire aux centrales nucléaires mais aussi à la fabrication de la bombe atomique. En échange l'Iran se voit offrir une coopération économique, commerciale et technologique et dans le domaine du nucléaire civil. L'UE soutiendrait ainsi le « développement en Iran d'un programme nucléaire civil sûr, économiquement viable et non proliférant, y compris l'accès au combustible nucléaire », a indiqué dans un entretien au Monde le ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. Pour répondre aux préoccupations des iraniens, l'UE3 aurait précisé que sa proposition n'affecte pas « les droits inaliénables de toutes les parties à développer la recherche, la production et l'utilisation d'énergie nucléaire à des fins pacifiques », selon les propos d'un diplomate rapportés par le New York Times. La proposition en revanche n'accorderait pas à l'Iran la mainmise sur le cycle de production du combustible nucléaire. A la place, les réacteurs iraniens seraient approvisionnés en combustible nucléaire qui devrait ensuite être réacheminé vers un autre pays après utilisation. Le paquet prévoirait aussi la fourniture de réacteurs à eau légère, ainsi qu'une série d'autres éléments relatifs à la sécurité régionale, aux échanges commerciaux avec l'UE, à l'aviation civile. Vendredi à EUROPE 1, M. Douste-Blazy a qualifié les propositions de l'UE de « ambitieuses et généreuses » et a appelé l'Iran à « écouter le voix de la raison ». En attendant la réaction de Téhéran, la Commission européenne espère toujours « le respect total de l'accord de Paris » (de 2004). En cas de reprise des activités d'Ispahan, le cours des événements pourrait s'accélérer avec la convocation d'une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) la semaine prochaine, suivie d'une éventuelle saisine du Conseil de sécurité de l'ONU.