Par François Lamoureux, directeur général
«transports et énergie » de la Commission européenne
« Le système Galileo offrira en 2008 une précision de positionnement spatial et temporel inégalée sur l'ensemble de la planète. La gamme de ses services sera en mesure de répondre aux besoins de tous les utilisateurs les plus exigeants, en n'importe quel point du monde. Faut-il rappeler que le marché mondial des produits et services liés à la radionavigation par satellite a doublé entre 2002 et 2003 et qu'il dépassera les 300 milliards d'euros à l'horizon 2020 ?
Galileo devrait créer plus de 150.000 emplois hautement qualifiés dans la seule Europe. Il figure comme modèle de programme industriel pour donner un coup de fouet à la compétitivité de l'Europe dans le cadre de la stratégie de Lisbonne. On pourrait même songer à ce qu'un jour une partie de la redevance sur les millions de récepteurs de Galileo puisse constituer une ressource propre pour le budget de l'Union européenne.
En quoi ce programme industriel et technologique de pointe serait-il déficient ? Ne suffira-t-il pas qu'en 2008 il serve à chacun d'entre nous dans sa vie quotidienne et la modifie à l'instar du GSM ? Qu'il réduise les accidents de la route, contribue à détecter des catastrophes naturelles, à surveiller nos frontières ou à pister le transport de matières dangereuses? Qu'il amène la Chine, Israël ou le Brésil à s'associer à l'UE pour la financer ? N'est-il pas prometteur pour la coopération industrielle avec la Russie que le premier satellite soit lancé en novembre depuis Baïkonour par une fusée Soyouz en coopération avec Ariane ?
Sur le plan international, la Commission a veillé à préserver les capacités opérationnelles de Galileo tout au long des difficiles négociations menées avec les Etats-Unis. Ainsi, l'accord signé en 2004 n'exclut pas une utilisation militaire. Il assure en revanche une égalité de traitement entre les deux partenaires et une coexistence entre les deux systèmes, américain (GPS) et européen. Il comprend l'engagement de conclure un accord de sécurité. L'utilisation combinée des deux systèmes, GPS et Galileo, renforcera considérablement les performances de la radionavigation par satellite sur le terrain. Et cela pour tout usage, que l'avion qui a besoin d'atterrir, le bateau qui cherche un refuge ou le véhicule qui transporte des médicaments soient en mission civile, militaire ou humanitaire.
Sur le plan technique, le système Galileo offrira un signal sécurisé réservé à certaines administrations (douanes, polices, immigration…). Ce service gouvernemental aura des performances comparables à celles d'un système militaire en termes de précision, de protection et de robustesse. Galileo est le plus grand projet industriel jamais monté à l'échelle d'une Union à 25. Le premier partenariat public-privé européen. Le premier programme spatial mené en coopération par l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne. Le premier jalon de la politique européenne de l'espace qui sera rendue possible par le projet de Traité constitutionnel. Galileo est l'affirmation de la capacité européenne à n'être le vassal de personne ».