Bruxelles, 03/02/2005 (Agence Europe) - Les Etats membres de l'UE, réunis mercredi au sein du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, ont approuvé la proposition visant à soumettre un plus grand nombre de caprins aux tests de dépistage de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Cette mesure avait déjà été annoncée la semaine dernière par la Commission européenne après la confirmation du premier cas de chèvre atteinte d'ESB (EUROPE du 29 janvier, p.13). Ce renforcement du programme de dépistage a pour objectif de déterminer si ce cas d'ESB chez une chèvre représente un incident isolé ou si des mesures complémentaires doivent être prises, explique la Commission.
Cette décision permet d'augmenter, pendant 6 mois au minimum, le nombre de caprins à soumettre à l'épreuve des tests de dépistage de l'ESB: au total 176 000 tests sur des animaux sains de l'UE et 25 000 tests sur des animaux retrouvés morts dans une exploitation. Le programme de surveillance, dont l'importance dépendra de la population caprine dans chaque Etat membre, vise principalement les Etats membres dans lesquels l'ESB est présente chez les bovins. Tous les cas confirmés d'EST (encéphalopathie spongiforme transmissible) seront soumis à un régime de tests en trois phases, déjà en vigueur, qui permet de différencier la tremblante de l'ESB.
Dans six mois au plus tard, les Etats membres de l'UE dresseront un premier bilan des résultats de ces tests de dépistage. Ils évalueront aussi les conclusions de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), attendues en juillet prochain, sur la sécurité de la viande caprine après cette découverte d'un cas d'ESB chez une chèvre. Markos Kyprianou, le Commissaire européen responsable de la santé et de la protection des consommateurs, a déclaré que « notre priorité consiste à préserver la santé des citoyens européens ». L'AESA a conclu, dans un avis préliminaire rendu le 26 novembre 2004, qu'il était « peu probable que le lait et les produits laitiers provenant de caprins sains, présentent un risque quelconque de contamination aux EST. » S'il y avait le moindre élément nouveau, il serait immédiatement soumis à l'analyse des scientifiques, assurent les autorités communautaires.
L'éventualité d'une transmission de l'ESB aux petits ruminants est prise en compte depuis plusieurs années afin de garantir un niveau élevé de protection de la santé publique. Les mesures communautaires de précaution en vigueur comprennent notamment une interdiction des farines animales, le retrait à l'abattoir et la destruction des tissus à risque (cervelle, moelle épinière, rate et une partie des intestins) ainsi que l'abattage des troupeaux atteints de tremblante. La tremblante est une EST qui affecte, dans les conditions naturelles, les moutons et les chèvres. Semblable à l'ESB dans son expression clinique, elle n'est pas transmissible à l'homme. Par ailleurs, la tremblante caprine est une maladie à déclaration obligatoire. Ainsi, en cas de comportement anormal d'un de ses animaux, le propriétaire doit faire appel à un vétérinaire. Si le vétérinaire établit une suspicion clinique de tremblante, l'animal est tué en vue d'analyses de confirmation. L'ensemble du troupeau est détruit en cas de confirmation d'un cas de tremblante. En plus de ce système de surveillance clinique, des tests sont réalisés depuis 2002 sur les chèvres abattues à l'abattoir ou envoyées à l'équarrissage afin d'évaluer la prévalence de la tremblante (c'est-à-dire la proportion de cheptels ou d'animaux touchés par cette maladie). Ce programme de tests a permis d'étudier plus de 140 000 cerveaux de chèvres en Europe. En cas de test positif, la carcasse de l'animal est détruite ainsi que le troupeau d'origine.
La découverte d'un cas d'ESB chez une chèvre abattue en France en 2002, annoncée le 28 octobre 2004 par les autorités françaises et communautaires (EUROPE du 30 octobre 2004), a été confirmée vendredi dernier par un panel de scientifiques désigné par la Commission européenne. La Commission a rapidement réagi, en annonçant son intention d'augmenter le nombre de tests de dépistage de l'ESB chez les caprins. Après le feu vert des experts des Etats membres de l'UE, la Commission doit encore adopter officiellement ces mesures, qui entreront en vigueur dès leur publication au Journal officiel.