Bruxelles, 12/01/2005 (Agence Europe) - Dans un article publié par le European Policy Center, Jean-Claude Juncker évoque son rôle à la tête de l'Eurogroupe au cours des deux prochaines années en terme de coordination des politiques économiques et budgétaires des membres de la zone euro. En devenant le visage politique de l'euro, il entend aussi améliorer le dialogue avec la Banque centrale européenne (BCE) en "respectant les prérogatives de chacun".
Au sein de l'Eurogroupe, M. Juncker conçoit son rôle comme celui d'une "force discrète, alimentant la confiance (de ses membres)", afin que cette enceinte soit "le forum incontesté qui encourage le débat et favorise la définition d'un message commun de la zone euro aux acteurs nationaux ou internationaux". Les discussions prendront la forme de « débats stratégiques et fondamentaux » entre les ministres et se traduire par « l'échange de leurs meilleures pratiques », précise M. Juncker, qui ne voit pas de révolution des méthodes de travail de l'Eurogroupe. Un de ses objectifs sera toutefois d'instaurer, en mai ou en juin chaque année, des échanges de vues sur les "perspectives économiques de l'Europe, avant que ne débutent les débats budgétaires au niveau national". Un tel ajustement du calendrier permettra aux Etats membres de s'entendre sur des données communes pour l'élaboration de leurs politiques budgétaires et répond aux objectifs de révision du Pacte de stabilité et de croissance en faveur d'une meilleure coordination macro-économique. Malgré les réticences de certains Etats membres, M. Juncker considère que ce processus n'est pas un nouvel exercice de "pression des pairs", mais qu'il correspond à une démarche de "soutien des pairs".
A propos des relations entre les "deux parents de l'euro", il se veut rassurant et affirme qu'il n'a pas l'intention de remettre en cause l'indépendance de la BCE. "Je comprends les appréhensions exprimées par certains à la BCE concernant l'évolution du partenariat entre l'Eurogroupe et la BCE (...)", indique t-il, en se déclarant "confiant" de pouvoir établir "un dialogue constructif et respectueux".