Luxembourg, 01/10/2004 (Agence Europe) - La Banque européenne d'investissement (BEI) vient d'accorder un prêt de 200 millions d'euros à la Turquie afin de soutenir la mise en place de la première liaison ferroviaire fixe reliant les réseaux européen et asiatique à travers le détroit du Bosphore. Wolfgang Roth, vice-président de la BEI, a signé le contrat relatif au projet à Ankara, où il a rencontré MM. Ali Babacan, ministre d'Etat aux Affaires économiques et Binali Yildirim, ministre des Transports. Le prêt de 200 millions d'euros constitue le premier concours relevant d'une ligne de crédit plus importante de 650 millions d'euros au maximum que la BEI a approuvé en faveur de la réalisation du tunnel. Pour Wolfgang Roth, "la signature de ce financement fait date. Le creusement d'un tunnel sous le Bosphore est en effet capital pour l'intégration de la Turquie dans l'UE et pour le développement du réseau de transport de l'Union. Il ne s'agit pas seulement du plus grand projet d'infrastructure, par sa taille et sa portée, entrepris jusqu'à présent en Turquie, mais également d'une réalisation qui dynamisera les économies turque et européenne. Ce projet est un bon exemple du rôle de catalyseur que peut jouer la BEI dans le cofinancement des projets d'infrastructure de grande envergure".
Le tunnel, qui bénéficie d'un appui dans le cadre de la politique des "Pays voisins du Sud-Est" mise en œuvre par l'UE, offrira aux réseaux transeuropéens (RTE) ferroviaires un accès vers l'Asie. Il permettra en outre de réduire la pollution atmosphérique et sonore grâce à un recul significatif du trafic routier au profit du rail et à une diminution des encombrements de la circulation. "Pour des pays comme la Turquie dont la situation périphérique représente un défi pour l'intégration européenne, il est particulièrement important de disposer de réseaux de transport efficaces", souligne la BEI dans un communiqué, ajoutant que son soutien à ce projet relevant des RTE "stimulera l'activité économique et mettra en exergue le rôle prépondérant que joue la BEI dans la mise en œuvre de l'Initiative européenne pour la croissance".
Située à Istanbul, cette liaison ferroviaire longtemps attendue constituera également, pour les 11 millions d'habitants que compte la capitale turque, un moyen de transport en commun permettant de franchir la barrière naturelle qui divise la ville en deux. Le projet a pour objectif de relier deux lignes ferroviaires du corridor de transport paneuropéen IV qui, à l'heure actuelle, se terminent chacune de part et d'autre du détroit du Bosphore. Le concours de la BEI sera complété par un financement de la Japanese Bank for International Cooperation (JBIC) et par des fonds de la République de Turquie. En plus des deux ponts sur le Bosphore, qui constituent des liaisons routières au travers du détroit, et dont le premier a fait l'objet d'un prêt de la Banque en 1969, le tunnel représentera, à l'échelon européen, un important point d'accès aux axes internationaux de transport.