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Bulletin Quotidien Europe N° 8798
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/commission barroso/energie

László Kovács bien meilleur à l'écrit qu'à l'oral - Une prestation qui "offense" le Parlement, selon Claude Turmes

Bruxelles, 01/10/2004 (Agence Europe) - C'est une prestation sans relief à laquelle s'est livré, jeudi devant la commission de l'énergie du Parlement européen qui l'auditionnait, le Hongrois László Kovács, appelé à prendre le portefeuille de l'énergie au sein de la Commission Barroso. Ancien dignitaire communiste spécialisé dans les relations Est-Ouest, l'homme a consacré sa carrière politique aux relations extérieures. Il est peu étonnant, par conséquent, que sa connaissance des dossiers énergétiques soit limitée. De fait, dans ses réponses aux questions des députés, le Commissaire désigné a montré peu d'originalité, s'inscrivant dans la ligne politique tracée par Loyola de Palacio, à l'exception toutefois de la volonté qu'il a manifestée à plusieurs reprises de promouvoir davantage les énergies renouvelables mais sans vraiment dire comment. Daniel Caspary (PPE-DE, Allemagne) n'a d'ailleurs pas manqué de constater "le manque d'expertise de M. Kovács" qui n'avait pas su lui répondre à une question générale sur ITER. László Kovács s'est donc révélé beaucoup moins bon à l'oral qu'à l'écrit (voir EUROPE du 30 septembre, p. 9), Claude Turmes (Verts/ALE, Luxembourg) a laissé entendre que ses réponses au questionnaire écrit lui avaient été inspirées par François Lamoureux, le Directeur général de la DG Transports/Energie de la Commission européenne. Dans un communiqué publié vendredi, l'eurodéputé luxembourgeois se dit "choqué par le manque de préparation de M. Kovács", considérant sa prestation comme "une véritable offense au Parlement européen" et dénonçant son ignorance sur les questions de base.

Au début de l'audition, László Kovács a confirmé qu'il souhaitait réellement faire partie de la Commission, malgré les informations selon lesquelles il avait été nommé à nouveau ministre des Affaires étrangères au sein du nouveau gouvernement hongrois. Il a donné aux députés européens l'assurance qu'il n'avait été nommé à cette fonction que pour une période intérimaire - jusqu'à la fin d'octobre - à l'issue de laquelle il accomplirait son mandat de Commissaire européen.

Dans sa déclaration d'ouverture, le Commissaire désigné a exposé ses priorités en matière de politique énergétique: compétitivité, durabilité et dimension internationale. Il a souligné que la politique de l'UE doit fournir un cadre stable pour un approvisionnement énergétique sûr, tout en assurant une protection totale de l'environnement. Pour garantir la compétitivité, sa première tâche serait "d'assurer la bonne mise en œuvre du deuxième paquet 'libéralisation' par tous les Etats membres", ce qui contribuerait à l'achèvement du marché intérieur. Cet objectif nécessite, selon M. Kovács, une intensification des investissements dans les capacités d'interconnexion.

"Les énergies renouvelables sont de la plus grande importance", a déclaré le Commissaire désigné, soulignant que "dans de nombreux Etats membres, elles ne représentent qu'une fraction marginale de la production totale d'énergie". M. Kovács a fait valoir que le développement accru des énergies renouvelables "aurait pour effet de créer plus d'emplois de qualité, d'améliorer la sécurité et de stimuler l'innovation dans le secteur des technologies de pointe". Pour compléter un financement public, qui est limité, il a estimé qu'il conviendrait que soient mises en œuvre des mesures telles que le certificat vert européen, pour encourager une production énergétique accrue et moins chère à partir de sources renouvelables. Il a également plaidé en faveur des centrales au "charbon propre", de la cogénération et de l'énergie géothermique. László Kovács a par ailleurs mis l'accent sur les mesures d'efficacité énergétique. Répondant à Mieczys³aw Edmund Janowski (UEN, Pologne), il a souligné que les projets de directives relatifs aux services énergétiques et à l'écodesign étaient des instruments qui permettraient "de faire trois pierres d'un coup: économies d'énergie, réduction de la pollution et réduction de la dépendance énergétique".

S'agissant de la sécurité d'approvisionnement de l'UE, M. Kovács a fait valoir qu'une solution consisterait à "diversifier géographiquement nos structures d'approvisionnement", ce qui implique une intensification du dialogue avec les pays fournisseurs et de transit: Russie, mais aussi Ukraine, région de la mer Caspienne, Sud-Est de l'Europe, espace méditerranéen et OPEP. En outre, a-t-il ajouté, il conviendrait qu'il y ait un dialogue avec les grands pays consommateurs, notamment la Chine. Répondant à Vittorio Prodi (ADLE, Italie), a estimé qu'il importe aussi de diversifier les sources d'approvisionnement pour "réduire la dépendance à l'égard des importations de pétrole, par un recentrage sur des options telles que les biocombustibles, l'éthanol, l'énergie solaire et l'énergie éolienne". Toutefois, il a indiqué à David Hammerstein (Verts/ALE, Espagne) qu'il n'appartenait pas à la Commission de chercher à imposer des objectifs juridiquement contraignants en matière de combinaison d'énergies. Même s'il le voulait, "nul compromis n'est vraiment possible entre, d'une part, un modèle français essentiellement fondé sur l'énergie nucléaire et, d'autre part, le projet allemand d'éliminer cette source d'énergie". En fin de compte, il revient aux Etats membres de décider, mais "la Commission devrait promouvoir une utilisation accrue des énergies renouvelables: c'est là l'unique voie de progrès".

L'énergie nucléaire, a déclaré en substance M. Kovács, est un volet inévitable de l'actuelle production énergétique de l'Europe, mais elle doit être assurée conformément aux normes de sécurité les plus élevées. Invité par Rebecca Harms (Verts/ALE, Allemagne) à expliciter à ce sujet, il a dit partager l'opinion de l'actuelle Commissaire, Loyola de Palacio, selon laquelle "l'option nucléaire doit être conservée, mais l'aspect 'sécurité' est capital, qu'il s'agisse des installations ou de la gestion". Concernant les réacteurs nucléaires de conception soviétique en fonction dans plusieurs nouveaux Etats membres, il a expliqué à Romana Jordan Cizelj (PPE-DE, Slovénie) que l'on était confronté là à un véritable dilemme. Si ces réacteurs devaient être mis hors service, il en résulterait de graves problèmes d'approvisionnement en électricité. "Si la Hongrie devait arrêter la centrale de Paks, nous perdrions 40 % de notre capacité de production électrique". M. Kovács a également assuré Herbert Otto Reul (PPE-DE, Allemagne) qu'il n'avait nullement l'intention de réduire le nombre d'inspecteurs nucléaires travaillant pour Euratom, bien qu'il ait songé à faire revoir certains éléments de leurs missions.

Répondant à plusieurs questions sur la libéralisation du marché de l'électricité, et notamment à celle de Umberto Guidoni (GUE/NGL, Italie) sur des coupures comme celles qui ont affecté l'Italie pendant l'été 2003, M. Kovács a indiqué que la cause de ces phénomènes résidait dans un investissement insuffisant dans les capacités d'interconnexion. La réponse à ce problème réside dans un accroissement de l'investissement et dans des progrès continus de la libéralisation du marché énergétique, a-t-il poursuivi. Il a ajouté que la Commission rédigerait un rapport sur la réalité de l'ouverture des marchés avant la fin de 2005 et qu'il lui faudrait décider entre l'option d'un troisième paquet de libéralisation et celle d'une réalisation intégrale du deuxième paquet.

Enfin, Peter Liese (PPE-DE, Allemagne) a invité M. Kovacs à faire la lumière sur sa carrière politique, faisant allusion à la participation du Commissaire désigné au gouvernement hongrois avant 1989. M. Kovacs a reconnu que la Hongrie avait été un pays à parti unique, non démocratique, mais il a souligné que son champ d'activité avait toujours été les relations extérieures et qu'il avait consacré une grande partie de sa carrière à l'amélioration des relations entre la Hongrie et l'Occident. Il a mis en lumière le rôle qu'il a joué pour que la Hongrie puisse rejoindre le FMI et la Banque mondiale en 1982 et pour asseoir les relations de confiance établies depuis lors avec la Communauté européenne. Il a également mis l'accent sur son rôle en tant que numéro deux au ministère des Affaires étrangères au moment où la Hongrie a ouvert ses frontières, précipitant la chute du mur de Berlin. "A vous de juger si cette démarche était la bonne", a-t-il conclu.

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