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Bulletin Quotidien Europe N° 8782
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/strategie de lisbonne/patronat

L'Unice demande à l'UE de se concentrer sur la compétitivité

Bruxelles, 09/09/2004 (Agence Europe) - L'Europe a tout pour être compétitive mais, pour concrétiser cela, elle doit changer et agir en ce sens. Comment? C'est ce qu'ont expliqué ce jeudi 9 septembre à la presse les représentants du patronat européen (UNICE) en présentant leur document intitulé "Business Vision for Europe: Growth, Jobs and Prosperity ... for our Future". Dans ce document, élaboré en coopération étroite entre toutes les fédérations membres de l'Unice, le patronat explique les défis que l'Europe doit relever, les priorités politiques auxquelles elle doit se consacrer ; ce qu'il demande avant tout, c'est qu'on se focalise sur la compétitivité. "Les réformes que nous proposons sont fondées sur un concept fondamental: donner le plus de liberté possible aux citoyens, entrepreneurs, innovateurs, universités, etc..", a déclaré d'entrée de jeu le Président de l'Unice Jürgen Strube. "La liberté économique est la base du bien-être de nos générations futures", a-t-il ajouté en affirmant une nouvelle fois que "L'Europe a besoin de croissance, d'emplois et de prospérité". Dans un contexte de changement au niveau institutionnel européen (nouvelle Commission, nouveau PE) mais aussi de révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne, le Président Strube a rappelé les défis que doit relever l'Europe pour devenir plus compétitive: la globalisation, le vieillissement de la population, le manque de dynamisme, l'élargissement.

Présentant les priorités politiques du patronat européen pour l'avenir, le président du patronat français (MEDEF) Ernest-Antoine Seillère a souligné la nécessité de: 1) encourager l'esprit d'entreprise: l'Unice demande de mettre en oeuvre le plan d'action de l'UE sur l'entrepreneuriat et la création de conditions appropriées au bon fonctionnement des entreprises (c'est-à-dire diminuer les charges fiscales, faciliter l'accès aux financements, réduire la bureaucratie); 2) rendre la politique environnementale plus efficace et plus opérationnelle, en procédant à une révision de la politique actuelle de l'UE en matière de changements climatiques, si la situation internationale reste défavorable au protocole de Kyoto, et en procédant à une évaluation claire de toutes les conséquences possibles de l'actuelle proposition REACH; 3) développer l'innovation, en adoptant un brevet communautaire qui réponde aux besoins des utilisateurs. Le patronat demande qu'il soit établi dans un seul régime linguistique, à savoir l'anglais; 4) faire d'un marché intérieur de plus de 25 Etats une réalité: il faut remédier au déficit de transposition des directives dites "Lisbonne" (plus de 25%), qui est inacceptablement élevé, et adopter la directive sur les services, qui doit être considérée comme prioritaire dans le nouveau cycle politique, estime l'Unice; 5) améliorer le fonctionnement des marchés de l'emploi: l'Unice lance un appel pour un moratoire sur toute législation sociale venant de l'UE qui impose des obligations additionnelles aux entreprises; 6) encourager le commerce et les investissements internationaux: l'UE ne doit pas réduire ses ambitions en matière d'accès aux marchés industriels, affirme l'Unice. A ce propos, Ernest-Antoine Seillère a "remercié le Commissaire Pascal Lamy pour son excellent travail sur cette question".

Jacques Schraven, président du VNO-NCW (patronat néerlandais), attend beaucoup du nouveau rapport de Wim Kok sur la révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne. "J'espère qu'à l'instar du premier rapport qui s'intitulait 'Jobs, jobs, jobs', celui-ci portera le titre de 'Compétitivité, compétitivité, compétitivité'! parce que c'est ce sur quoi il faut nous concentrer. Cela nécessite une meilleure gouvernance, une meilleure réglementation et une meilleure communication ", a déclaré le patron néerlandais. Au nom de l'Unice, M.Schraven s'est félicité de la décision du Président désigné Barroso de donner au Commissaire Günter Verheugen la compétence de coordonner les politiques affectant la compétitivité et le rôle de la Commission au sein du Conseil Compétitivité, qui enfin pourra remplir pleinement sa tâche d'évaluation de toutes les politiques en relation avec la compétitivité. L'Unice espère, a conclu le Président Strube, « que le nouveau groupe de Commissaires sur la stratégie de Lisbonne soit un petit groupe, efficace et qu'il ne perde pas de vue les réels besoins de l'Europe: croissance, emplois, prospérité ». « Dans cet esprit, a-t-il ajouté, l'Unice et ses fédérations membres apporteront tout leur appui au Président désigné Barroso dans la mise en place de ce qu'il a appelé « un partenariat pour l'Europe ».

Répondant ensuite à quelques journalistes, Jürgen Strube a rappelé que l'Unice soutenait la création d'une base d'imposition commune pour les sociétés (voir pour le détail EUROPE du 9 septembre p.12). Il a précisé que l'Unice "est très en faveur du Pacte de stabilité tel qu'il est actuellement", c'est-à-dire "suffisamment flexible". Une réflexion que le porte-parole de la Commission Gerassimos Thomas a commentée comme suit une heure plus tard: "Avec ses propositions de mesures d'ajustement du Pacte de stabilité, la Commission a voulu ouvrir le débat de manière transparente. Il faudrait les avis de tout le monde. Je partage l'avis de l'Unice car les propositions visent à renforcer la flexibilité du Pacte. L'interprétation qu'on donne à nos propositions varie. Cela signifie que nous avons bien ciblé", a-t-il ajouté en insistant: "la Commission n'a pas proposé un assouplissement du Pacte mais bien une amélioration en y introduisant des paramètres économiques" (pour d'autres réactions, voir EUROPE du 9 septembre p.14).

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