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Bulletin Quotidien Europe N° 8686
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/mercosur

Les parties devraient en principe présenter leurs offres améliorées de libre-échange ce vendredi

Bruxelles, 15/04/2004 (Agence Europe) - Les négociateurs européens et des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay, Paraguay) devraient échanger en principe vendredi leurs nouvelles offres pour un futur accord d'association et de libre-échange. Les négociateurs n'excluaient toutefois pas, jeudi, que la présentation des offres puisse être reportée.

Le Mercosur attendait de pied ferme la nouvelle offre de l'Union européenne dans le secteur agricole, principal attrait à leurs yeux de l'accord en négociation depuis octobre 1999. Le Commissaire au Commerce, Pascal Lamy, a annoncé lors d'une audition au Parlement européen que la Commission est prête à faire des concessions, même s'il risque d'y avoir "quelques spasmes" parmi les Etats membres (voir EUROPE du 7 avril p. 9). En principe, la Commission a la liberté de présenter ces offres sans accord préalable des Etats membres au sein du Comité "133", dans le cadre du mandat que lui a donné le Conseil. On assurait toutefois mercredi à la Commission que les Etats membres avaient "naturellement été consultés".

Le Commissaire Lamy avait cité parmi les produits sensibles concernés le sucre (notamment sous forme d'éthanol), la viande de boeuf et "éventuellement les céréales". Le Mercosur compte en outre sur une meilleure offre pour le poulet, les produits laitiers, l'huile d'olive et le vin. Les concessions devraient se traduire par une réduction des droits de douane et l'élargissement des contingents tarifaires.

La question du sucre a monopolisé pour l'instant l'attention, à grands renforts de lobby du côté des producteurs européens qui craignent déjà la réforme du protocole ACP annoncée par le Commissaire Franz Fischler (voir EUROPE d'hier, p. 15), et du côté des producteurs brésiliens. Les négociateurs du Mercosur sont en outre sous la pression des producteurs de riz. Le Mercosur devrait avoir exporté plus de 1 milliard de tonnes de riz en 2003/2004. La vice-ministre du Commerce du Paraguay, Miriam Segocia, a indiqué la semaine dernière à l'agence EFE que le Mercosur espère obtenir de nouvelles préférences pour la viande, le sucre et le soja. Elle espérait notamment une amélioration du quota d'importation européen de viande "Hilton Beef" (le quota actuel du Paraguay est de 1.000 tonnes par an).

L'Union européenne compte de son côté sur une amélioration des offres du Mercosur sur les marchés publics, bloquée jusqu'ici par le Brésil. Les progrès restent aussi difficiles à propos de la propriété intellectuelle, liée par les pays du Mercosur à la question du transfert de technologie et de la politique industrielle. En revanche, les négociations sur les services et l'investissement semblent progresser davantage. Le ministère brésilien des Affaires étrangères a annoncé cette semaine qu'il est prêt à proposer à l'UE un meilleur accès au marché local des télécommunications et des services financiers. L'accès au marché du transport maritime resterait en revanche toujours problématique.

L'objectif des négociateurs est d'arriver à un paquet assez complet lors du Sommet UE/Amérique latine/Caraïbes des 28/29 mai à Guadalajara et de conclure les négociations en octobre. L'Argentine et surtout le Brésil semblent avoir donné une nouvelle priorité politique aux négociations avec l'UE, après le blocage, début avril, des négociations de la zone de libre-échange des Amériques qui devaient aboutir à une ouverture des marchés sur l'ensemble du continent américain en janvier 2005.

Dans un interview accordée début avril au Figaro, le ministre des Affaires étrangères brésilien, Celso Amorin, a assuré que "tous les détails ne seront peut-être pas bouclés d'ici le sommet de Guadalajara, mais pour octobre, je suis confiant". "Nous devrons probablement demander plus que ce que l'UE nous proposera dans le champ agricole. De la même façon, elle exigera plus dans d'autres secteurs. Des deux côtés, il y a la volonté d'éviter les questions plus délicates, ce qui nous conduira à nous concentrer sur ce qui est réalisable", précisait-il. Selon le ministre, l'accord UE/Mercosur aura un impact fondamental sur les négociations multilatérales à l'OMC. "Ce qu'accepteront les Etats-Unis au sein de l'OMC dépendra de la position européenne et vice versa", déclarait-il. Il a rejeté en revanche l'idée qu'en améliorant son offre au Mercosur, l'Union européenne parviendrait à rompre le front du G20, dont le Brésil a pris la tête lors de la réunion ministérielle OMC à Cancun. "Les Etats-Unis et l'Europe auront beau faire, ils n'arriveront pas à briser notre alliance", a-t-il affirmé.

Pour l'anecdote, la presse brésilienne a indiqué que selon des "sources diplomatiques", les négociateurs européens et du Mercosur auraient prévu d'organiser un match de football amical en octobre, pour fêter la fin des négociations.

Rappelons que le Mercosur et la Communauté andine viennent par ailleurs de conclure un accord pour créer à partir du 1er juillet prochain une zone de libre-échange, qui devrait aboutir à un démantèlement des droits de douane sur quinze ans.

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