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Bulletin Quotidien Europe N° 8685
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/chine

Selon M.Prodi une levée de l'embargo est peu probable

Bruxelles, 14/04/2004 (Agence Europe) - Le Président Prodi a, lors de sa visite à Pékin, estimé qu'une levée de l'embargo européen sur les exportations d' armes à la Chine est peu probable "dans l'avenir immédiat" (voir plus loin). En même temps, il a insisté sur des progrès du respect des droits de l'homme en Chine. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a annoncé pour sa part mercredi, après avoir reçu Romano Prodi, qu'il sera en visite officielle à Bruxelles au mois de mai.

Amnesty International: placer les droits de l'homme au cœur du débat

Amnesty International a appelé mercredi l'UE à faire du respect des droits de l'homme en Chine une question centrale dans le débat sur une levée de l'embargo sur les ventes d'armes à la Chine, débat lancé par le Conseil de l'UE de janvier dernier (voir EUROPE du 27 janvier, p. 4). Pour certains Etats membres, comme la France, cet embargo, imposé en 1989 à la suite de la répression de la Place Tiananmen, est dépassé.

Très prudemment, Amnesty s'est gardée de prendre position pour ou contre le maintien de l'embargo, mercredi devant la presse. Comme l'a indiqué Dick Oosting, le directeur de son bureau européen, "nous ne demandons pas que l'embargo soit maintenu", mais que la situation des droits de l'homme en Chine joue un rôle central dans le débat (voir plus haut). Pour Amnesty, la situation des droits de l'homme en Chine est "encore sombre". Dès lors, si l'UE décide de lever l'embargo, elle enverra "un mauvais message", à moins d'obtenir en échange "des mesures concrètes" pour améliorer la situation des droits de l'homme, a souligné M. Oosting. L'organisation demande en particulier qu'une enquête soit menée sur les événements de Tiananmen, "ce qui n'a jamais eu lieu", a déploré M. Oosting.

Amnesty considère aussi indispensable de renforcer le code de conduite de l'UE sur les exportations d'armements. Ce code, entré en vigueur en 1998, fixe les critères à respecter en matière de droits de l'homme pour que les Etats membres de l'UE autorisent les exportations d'armes vers des pays tiers. Alors que plusieurs Etats membres estiment que le code servira de "garde-fou" en cas de levée de l'embargo, en l'état actuel, aux yeux d'Amnesty, il est loin d'offrir suffisamment de garanties. Dénonçant un commerce de l'armement "hors de contrôle", auquel participent la Chine comme l'UE, Robert Parker, d'Amnesty, a épinglé les lacunes de ce code de conduite: ses critères sont trop vagues et sujets aux interprétations des Etats membres, son champ d'application est trop restreint, il y a un manque de transparence et il n'est pas juridiquement contraignant. Dès lors, "il n'est pas respecté par tous les pays de l'UE ni par certains pays qui sont sur le point de la rejoindre", déplore l'organisation dans un communiqué. Selon M. Parker, plusieurs Etats membres (France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Finlande) continueraient à exporter des armes vers la Chine en dépit de l'embargo. C'est pourquoi, à dix jours du Conseil Affaires générales des 26 et 27 avril, Amnesty demande à l'UE de renforcer ce code afin "que les armes et le matériel de sécurité en provenance de l'UE ne soient pas utilisés pour violer les droits de l'homme".

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