Bruxelles, 26/03/2004 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté jeudi une communication du Commissaire Franz Fischler visant à améliorer le suivi de la pêche « minotière » (industrie des farines de poissons) dans l'Union européenne. Les espèces concernées sont le merlan bleu, le lançon, le tacaud norvégien et le sprat, poissons dont les produits dérivés sont vendus pour des utilisations autres que la consommation humaine. Les navires concernés proviennent essentiellement des Etats membres bordant la Baltique (Suède, Finlande, Danemark, Allemagne, Pologne, Lituanie, Lettonie et Estonie) ainsi que du Royaume-Uni, de l'Irlande et des Pays-Bas.
L'objectif de cette stratégie consiste à éviter la surexploitation des possibilités de pêche des stocks de poissons concernés et permettre la collecte de données plus fiables pour que les scientifiques soient en mesure de fournir des conseils pertinents en matière de gestion des pêches minotières. Parmi les mesures envisagées figurent: - la fixation de quotas pour les captures accessoires d'espèces destinées à la consommation humaine ; - la fermeture des pêcheries minotières dans la zone concernée lorsque ces quotas ont été épuisés ; - le pesage et l'échantillonnage des débarquements ; - la notification préalable des débarquements ; - la mise en place d'un programme de contrôle. La Commission a l'intention de discuter de ces sujets avec les Etats membres et le Parlement européen avant de présenter des propositions concrètes. « La Commission est résolue à faire en sorte que les pêches minotières soient soumises aux mêmes mesures de conservation et de gestion que les autres types de pêche », a commenté Franz Fischler.
Selon la Commission, il faudrait fixer des quotas spécifiques pour les captures accessoires des espèces les plus importantes destinées à la consommation humaine. En cas d'épuisement d'un ou de plusieurs de ces quotas, les débarquements d'espèces minotières provenant de la zone concernée seraient interdits. Une méthodologie commune serait appliquée pour le pesage de toutes les quantités débarquées et pour l'échantillonnage des débarquements non triés. Les navires pratiquant la pêche minotière devraient procéder à une notification préalable des débarquements. Les Etats membres concernés devraient veiller au respect de l'obligation de notifier les captures et seraient invités à mettre en place un système de ports désignés pour les débarquements des produits de la pêche minotière. Toutes les données relatives à l'application des mesures concernant les pêches minotières seraient à la disposition des inspecteurs nationaux et des scientifiques. La Commission envisage aussi d'adopter un programme de contrôle particulier afin d'orienter les opérations d'inspection et de surveillance.
La Commission craint que les totaux admissibles de capture (TAC) de harengs puissent être dépassés en mer Baltique. Elle propose donc la possibilité d'interdire les débarquements d'espèces minotières tant que l'Etat membre ne sera pas en mesure de garantir l'existence de règles propres à assurer la bonne gestion des quotas respectifs.
En mer du Nord, le lançon constitue la principale espèce concernée (entre 1 million et 1,5 million de tonnes durant les vingt dernières années). Les captures accessoires de hareng sont plutôt rares (uniquement 2% ces dernières années. Dans le Skagerrak et le Kattegat, les principales espèces sont le lançon et le sprat. En mer Baltique, les débarquements officiels déclarés portent sur le sprat et le hareng. Selon le Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), les débarquements de sprat, qui ont augmenté au cours des 10 dernières années, peuvent comprendre des quantités importantes de hareng. L'UE ne dispose pas d'information sur les captures accessoires lors de la pêche au merlan bleu (1,5 million de tonnes débarquées au cours des dernières années).