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Bulletin Quotidien Europe N° 8642
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/femmes/islam

Le colloque sur l'Europe et la femme musulmane a mis en exergue la volonté d'ouverture de l'UE à l'Islam

Bruxelles, 10/02/2004 (Agence Europe) - Le colloque sur "L'Europe, une chance pour la femme musulmane?" a permis un échange de vues "équilibré et juste et a témoigné non seulement de la modernité de l'Islam mais aussi de la volonté d'ouverture de l'Union à l'Islam", a déclaré la parlementaire européenne Anne André, qui a présidé le colloque, à l'issue des travaux (voir EUROPE du 5 février, p.13). La question qui se pose est de savoir si l'Islam européen est "en marche vers plus d'égalité entre les hommes et les femmes, comme l'ont fait avant lui le christianisme et le judaïsme", a estimé la libérale belge en s'interrogeant: "Ou bien sommes-nous condamnés à connaître un retour en arrière sur ce plan, sous prétexte de respect de la liberté religieuse, en confondant liberté religieuse et statut juridique des personnes?" "Avec ses 20 millions de musulmans aujourd'hui - et près de 100 millions demain, après l'adhésion de la Turquie - que peut ou devrait faire notre Europe pour l'émancipation sociale, culturelle, politique, économique mais aussi religieuse de la femme musulmane?", a demandé Mme André en introduisant le débat. Depuis longtemps, l'Islam fait partie intégrante de la réalité européenne, note Mme André en constatant toutefois que l'histoire musulmane avec toute sa complexité et ses contradictions sur le statut de la femme et sa place dans la société européenne alimente de nombreuses controverses.

Lors du débat, le président du Mouvement réformateur (MR), Antoine Duquesne, a déclaré: "Il s'agit en fait pour l'Europe d'assurer la conjonction difficile entre deux phénomènes simultanés: la panne de l'intégration sociale et la mutation du paysage religieux ou spirituel. Il faut faire place à de nouvelles religions, gérer une société diverse, lutter contre les discriminations, promouvoir l'intégration, mais aussi combattre les tendances extrémistes". Quant au directeur du magazine des cultures musulmanes La Medina, Hakkim El Ghissassi, il s'est interrogé sur le poids des traditions sur la vie des femmes musulmanes. Pour lui, "l'intégration est un processus intergénérationnel et irréversible dont le facteur le plus important est le temps. L'immigration (…) est une succession de ruptures, de relations changeantes avec le pays d'origine". Il faut un "dialogue entre le Nord et le Sud, entre les hommes et les femmes", a-t-il conclu. Kalthoum Méziou, professeur à l'Université de Tunis, a évoqué le "féminisme et l'Islam dans le code du statut personnel tunisien". « La modernisation des sociétés musulmanes est une nécessité », affirme Mme Méziou, pour qui il faut trouver des solutions en fonction de « la société d'accueil ». « L'étranger est régi par la loi de l'Etat d'accueil, et cela implique aussi soumission à la loi d'accueil », dit Mme Méziou. "Le débat sur l'évolution du droit musulman s'est souvent réduit au droit de la famille (…). Il faut procéder aux innovations qui s'imposent", a précisé Kalthoum Méziou, pour qui le cas du Maroc est assez comparable à celui de la Tunisie (selon elle, "on y concilie Islam et modernité en faisant évoluer les principes du Coran"). Moha Ennaji, professeur de linguistique à l'Université de Fès, demande pour sa part ce que signifie « la mondialisation pour les femmes », en estimant que "les ajustements dans l'emploi des femmes au Maroc ont montré que la mondialisation a permis l'émergence de femmes actives".

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