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Bulletin Quotidien Europe N° 8642
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/russie

La Commission appelle l'UE à parler à la Russie d'une seule voix

Bruxelles, 10/02/2004 (Agence Europe) - L'Union européenne doit adopter une politique cohérente à l'égard de la Russie et défendre d'une seule voix ses intérêts et ses valeurs, en particulier à propos de la démocratie et des droits de l'homme en Tchétchénie. C'est ce que recommande la Commission européenne dans sa communication de lundi sur les relations "révisées" entre l'UE et la Russie, visant à rendre le dialogue avec Moscou plus efficace et, surtout, à éviter de reproduire la polémique du dernier Sommet UE/Russie sous présidence italienne (voir EUROPE du 18 novembre). Ce document sera examiné par le Conseil relations extérieures des 23 et 24 février au cours duquel Javier Solana, Haut représentant de l'UE pour la PESC, pourrait apporter une contribution, orale ou écrite, sur les aspects des relations UE/Russie liés à la politique de sécurité et commune de l'UE (PESC).

En dépit de l'intérêt mutuel à coopérer, la Commission déplore une absence de progrès dans plusieurs dossiers prioritaires pour l'UE mais bloqués par la Russie notamment l'extension de l'accord de partenariat et de coopération (APC) entre l'UE et la Russie aux dix futurs Etats membres de l'UE au 1er mai 2004, la ratification du protocole de Kyoto, la sécurité nucléaire et maritime, l'aide humanitaire, la ratification d'accords frontaliers avec la Lettonie et l'Estonie, les paiements du survol de la Sibérie. En outre, la Commission souligne que "la conduite des élections à la Douma de décembre 2003, les événements en Tchétchénie et des indications sur l'application sélective de la loi soulèvent des questions sur l'engagement et la capacité de la Russie à respecter les valeurs européennes et universelles et à poursuivre des réformes démocratiques".

Pour améliorer le dialogue UE/Russie, en perspective des prochains Sommets, la Commission recommande au Conseil de laisser tomber les grandes déclarations politiques pour construire avec la Russie un partenariat fondé sur des questions stratégiques et un agenda solide. Ce partenariat doit être fondé sur des valeurs partagées et des intérêts communs, ce qui signifie qu'il faut "discuter franchement des pratiques russes qui vont à l'encontre des valeurs européennes et universelles comme la démocratie, les droits de l'homme en Tchétchénie, la liberté de la presse et la coopération en matière environnementale". L'UE devrait établir, au début de chaque présidence, une liste de questions d'intérêt communautaire prioritaires, avec des objectifs clairs et des positions communes, et se fixer, pour les Sommets, des "lignes rouges" à ne pas franchir. L'instrument de coopération privilégié avec la Russie doit demeurer l'Accord de partenariat et de coopération, mais la Commission suggère de rendre ses institutions plus efficaces et flexibles (le Conseil de partenariat permanent devrait être établi en format "Troïka"), et privilégie la tenue de réunions informelles de haut niveau plutôt que la création de nouvelles structures.

Lors du Sommet de Saint-Pétersbourg, en mai 2003, l'UE et la Russie avaient décidé de créer quatre espaces communs (économie ; liberté, sécurité et justice ; sécurité extérieure ; recherche et éducation). La Commission suggère de présenter à la Russie un plan d'action pour le développement de ces espaces communs, avec des objectifs précis et réalistes. Le Sommet UE/Russie en mai prochain permettrait de progresser sur ce plan d'action conjoint, en vue de son adoption lors du Sommet d'automne.

La Commission recommande aussi la poursuite de politiques plus cohérentes (vis-à-vis du Caucase du Sud (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie), en coopération avec la Russie.

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