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Bulletin Quotidien Europe N° 8618
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/concurrence

Feu vert conditionnel au rachat d'Editis par Lagardère

Bruxelles, 07/01/2004 (Agence Europe) - Comme prévu, la Commission européenne a donné son accord à la reprise des actifs dans l'édition d'Editis (anciennement dénommé Vivendi Universal Publishing - VUP) par le groupe français Lagardère, sous réserve de sévères engagements. L'opération aurait en effet posé de sérieux problèmes de concurrence sur de nombreux marchés de l'édition de livres en français et entraîné la création d'une entreprise largement dominante dans ce secteur, avec un chiffre d'affaires sept fois plus important que celui de son concurrent le plus proche. Plus particulièrement, le nouvel ensemble aurait contrôlé l'accès tant à la "matière première" (les auteurs reconnus dont les ventes font vivre un éditeur) qu'aux points de vente qui ne peuvent absorber, et encore moins mettre en avant, qu'une partie limitée des ouvrages publiés chaque année. Il aurait également occupé une place prédominante dans les secteurs plus industriels de la chaîne du livre (diffusion, distribution et édition en format de poche) qui aurait conduit à la création d'une industrie à deux vitesses: d'une part, les éditeurs marginalisés et dépendants et, d'autre part, un groupe industriel intégré dans l'ensemble des secteurs de l'édition et capable de s'accaparer les auteurs, une fois leur succès assuré, et de monopoliser la plus grande partie des rayonnages des détaillants. De nombreux acteurs de l'édition francophone ont fait part à la Commission de leurs préoccupations quant à une réduction substantielle de l'offre éditoriale découlant de cette transaction, rejoints par plusieurs libraires qui ont également fait état de leurs craintes face au risque d'une baisse des remises qui leur sont consenties et qui peuvent mettre en cause l'existence même de certains points de vente. En conséquence, Lagardère a proposé à la Commission de ne conserver qu'environ 40% du chiffre d'affaires total d'Editis, à savoir les éditions Larousse, Dalloz, Dunod et l'ensemble de leurs activités et fonds éditoriaux, les Fonds universitaires composés des fonds éditoriaux Nathan Université, Armand Colin et Sedes de même que des revues universitaires, le groupe espagnol Anaya et l'ensemble de ses activités et fonds éditoriaux, ainsi que le centre de distribution d'Ivry. La Commission a examiné ces propositions et constaté que les actifs conservés ne mèneront pas à la création d'une position dominante. Cependant, elle devra encore approuver l'identité du ou des acquéreurs des actifs cédés afin de vérifier s'il s'agit d'un ou de concurrents viables.

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