Nouvelle baisse des IDE en 2002 - Les Etats-Unis et le Royaume-Uni concentrent à eux seuls 54% de ce recul alors que la Chine devient le premier récipiendaire mondial. La Cnuced (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement) a présenté son nouveau rapport annuel sur l'investissement dans le monde (« World Investment Report 2003 », 303 p.) qui donne les dernières statistiques en matière d'investissement direct étranger (IDE) dans les différentes régions du monde au cours de l'année 2002. Le rapport indique que le montant total des investissements réalisés à l'étranger (entrées d'IDE) s'est établi à 651,2 mrds de dollars en 2002, en recul de 21% par rapport à 2001 (823,8 mrds de dollars) et de 50% par rapport à 2000 qui avait été une année-record en la matière (1,3 trillion de dollars). Cette nouvelle baisse est quasi générale puisque sur 195 pays, 108 ont enregistré l'an dernier des entrées inférieures à celles de 2001. En dépit de cette baisse, les flux à destination des pays développés sont restés, en 2002, supérieurs aux niveaux moyens de 1996-1999. Les investissements réalisés à l'étranger (sorties d'IDE) se sont établis pour leur part à 647 mrds de dollars et sont également en recul dans 73 pays sur 151. A l'origine du tarissement des courants d'IDE enregistré en 2001-2002 se trouve une combinaison de facteurs macroéconomiques (faible croissance ou marasme économique liés au cycle des affaires dans nombre de régions du monde, en particulier dans les pays développés, effondrement des marchés boursiers), microéconomiques (faibles bénéfices des sociétés, restructurations financières) et institutionnels (achèvement du processus de privatisation, perte de confiance résultant des scandales financiers et de la disparition d'un certain nombre de sociétés importantes). Entrées d'IDE: sur le plan géographique, un petit nombre de pays représente l'essentiel du recul. La part dans le monde développé se concentre aux Etats-Unis (30 mrds de dollars d'IDE reçus en 2002) et au Royaume-Uni (25 mrds), qui représentent à eux deux 54% de la baisse enregistrée dans les 108 pays où les entrées d'IDE étaient en recul. Dans le monde en développement, le recul a été le plus net en Afrique (41%) ainsi qu'en Amérique latine et aux Caraïbes (33%). Les pays d'Asie et du Pacifique n'ont connu pour leur part qu'une baisse minimale, grâce à la Chine devenue le plus gros récipiendaire d'IDE au niveau mondial (53 mrds de dollars d'IDE reçus). Dans l'UE, les entrées d'IDE ont diminué de 4%, en partie à cause de la détérioration de la conjoncture et de la baisse des fusions-acquisitions internationales. Les principaux bénéficiaires ont été le Luxembourg, la France et l'Allemagne. Le volume s'est accru notamment en Finlande, en Allemagne, en Irlande et au Luxembourg. Dans les autres pays d'Europe occidentale, les apports ont diminué en Norvège et en Islande mais ont augmenté en Suisse. Au Japon, les entrées d'IDE se sont accrues de 50%, principalement du fait de l'acquisition de sociétés financières japonaises. Les sorties d'IDE: dans les pays développés, elles ont diminué de 9% entre 2001 et 2002, passant de 661 à 600 mrds de dollars. Le Japon prend désormais la tête des plus grands investisseurs à la place de l'Allemagne qui recule au cinquième rang derrière le Luxembourg, la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Dans huit pays développés, elles ont augmenté, les plus fortes hausses étant imputables à la Norvège, à la Suède et à l'Autriche. Les sorties en provenance des Etats-Unis ont également progressé de 15% environ mais cette hausse s'est concentrée dans les pays développés au détriment des pays en développement, en particulier l'Amérique latine. En revanche, les entreprises européennes investissent de plus en plus en Europe centrale et orientale, ainsi qu'en Chine.