Bruxelles, 21/08/2003 (Agence Europe) - Le plan de travail de la Présidence italienne pour mettre en place la stratégie commune de l'UE pour la Russie se concentrera sur la préparation du prochain Sommet UE/Russie, le 6 novembre à Rome. La Présidence italienne compte également rendre tout à fait opérationnel le nouveau "Conseil de partenariat permanent", créé lors du dernier Sommet entre l'UE et la Russie (EUROPE du 3 juin, p.13), pour en faire l'instrument privilégié de la coopération UE/Russie. Une réunion des ministres des Affaires étrangères est d'ailleurs prévue le 23 octobre à Moscou.
Un des défis majeurs de la Présidence italienne sera d'aboutir, lors du Sommet, à l'adoption d'une définition commune du concept de "Espace économique européen commun" (CEES), le premier des quatre espaces communs que l'UE et la Russie veulent créer à long terme. Les deux partenaires discuteront également de l'élaboration de "feuilles de route" pour mettre en oeuvre les trois autres espaces (liberté, sécurité et justice ; sécurité extérieure ; recherche et éducation). Les autres domaines de coopération sur lesquels la Présidence se concentrera sont:
(1) l'Etat de droit et la démocratie: l'UE offrira son soutien aux médias indépendants et encouragera la coopération entre le gouvernement russe et les organisations non gouvernementales ;
(2) les sphères économique et commerciale: l'UE mettra l'accent sur la mise en oeuvre de l'accord de coopération et de partenariat (PCA), les discussions sur certains enjeux commerciaux en suspens (comme le paiement de taxes pour le survol de la Sibérie et l'accès au marché de l'énergie), l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), la coopération environnementale (dans l'optique de faire ratifier le protocole de Kyoto par la Russie), la sécurité nucléaire et maritime ;
(3) la stabilité et la sécurité en Europe: l'UE et la Russie devront renforcer leur coopération en matière de prévention des conflits et de gestion de crise (élimination des mines, catastrophes naturelles, trafic de drogues), de non prolifération des armes de destruction massive et de terrorisme (voir aussi EUROPE du 6 août, p. 6). Les deux partenaires devront également joindre leurs efforts pour résoudre les conflits internationaux et régionaux (notamment en Transnistrie). Pour sa part, l'UE insistera sur la nécessité de trouver une solution politique au conflit en Tchétchénie et pour que la Russie coopère à l'acheminement de l'aide humanitaire dans la république.
(4) les défis communs: la Présidence souhaiterait aboutir à la conclusion rapide d'un accord entre Europol et le ministère russe de l'intérieur sur l'échange d'information technique et stratégique, ainsi que sur un accord de réadmission entre l'UE et la Russie. Elle envisage également de commencer - dans le cadre du sous comité "Justice et Affaires intérieures" de l'ACP - les discussions sur la demande russe d'un régime sans visa avec l'UE. Dans le dossier de Kaliningrad, la Présidence envisage de lancer une étude de faisabilité sur des trains de transit sans arrêt, comme prévu lors du Sommet EU/Russie de novembre 2002.