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Bulletin Quotidien Europe N° 7986
EDITION SPÉCIALE POUR LE CONSEIL EUROPÉEN DE GÖTEBORG
15 ET 16 JUIN 2001 /
(eu) ue/sommet

Les Quinze déplorent les actes de violence - M. Persson reconnaît en partie l'impréparation des forces de l'ordre

Göteborg, 17/06/2001 (Agence Europe) - « J'espère que je me souviendrai davantage des résultats du Conseil européen lui-même plutôt que des violences, mais pour l'instant, ce sont ces violences que j'ai à l'esprit », a déclaré vendredi soir le Premier ministre suédois, Göran Persson, visiblement très affecté par le saccage de la longue avenue principale de Göteborg par quelque 200 casseurs, avec des violences qui se sont ensuite poursuivies dans la nuit, et ont fortement troublé les manifestations pacifiques comme l'attention portée au Sommet. «C'est une tragédie, ces personnes mettent en danger la démocratie elle-même », a-t-il ajouté, parce que les chefs d'Etat et de gouvernement « sont des représentants démocratiquement élus par les peuples européens, qui ont le droit de se réunir pour faire avancer les politiques ». « Nous avons vu cela à Seattle, nous l'avons vu à Nice, et au Portugal, je crains que nous ayons encore à connaître la même chose », a souligné M. Persson, en établissant très clairement la distinction entre les milliers de manifestants pacifiques et la minorité de casseurs. Ces actes de violence "sont aussi mauvais pour les ONG, qui viennent sérieusement pour discuter dans le respect des traditions démocratiques. Elles ont souvent une autre opinion de l'Europe que la mienne, mais elles l'expriment démocratiquement". Interrogé sur les conséquences de ces événements sur la question du lieu des prochains Sommets, l'hôte du Conseil européen a répondu qu'il fallait y réfléchir, mais sans «baisser les bras » devant ceux qui «veulent que l'on se retire, que l'on se cache ». Le Premier ministre suédois a précisé qu'il comprenait d'autant moins ces actes de vandalisme que la Suède avait organisé de nombreuses rencontres entre les participants au Sommet et au contre-Sommet - il allait lui-même se rendre en compagnie de Romano Prodi à une discussion avec des manifestants.

L'organisation même du Sommet a été chamboulée. Vendredi soir, le dîner des chefs d'Etats et de gouvernement, prévu dans un restaurant du centre de la ville, s'est finalement tenu sur les lieux mêmes du Sommet, «pour des raisons de sécurité». Les délégations de Finlande, du Bénélux et d'Irlande ont dû quitter leur hôtel, qui se situait en plein centre, «parce que la sécurité ne pouvait pas être garantie ».

Ces scènes de violence ont été le principal sujet de la plupart des conférences de presse organisées samedi par les Etats membres. Les quatorze partenaires de la Suède ont réagi à l'unisson: - dénonciation très ferme de ces actes anti-démocratiques ; - insistance sur le caractère légitime d'une réunion de chefs d'Etats et de gouvernements ; - insistance aussi sur le fait que les actes de violence n'avaient rien à voir avec l'Europe, mais relevaient de « la violence pour la violence, la volonté de détruire » ; - préoccupation quant à la présence de Sommet en Sommet, de ces groupes de vandales organisés et précision que ces événements auraient pu se produire n'importe où, avec toute leur solidarité apportée aux autorités et à la police suédoises.

Vendredi soir, le chancelier Schröder a regretté devant quelques journalistes «qu'un petit nombre de desperados nuisent à la cause des milliers de personnes qui manifestent pacifiquement ». Il a précisé que ces vandales viennent aussi d'Allemagne - ainsi que du Danemark, et des Pays-Bas, de source policière. « Nous devrons nous concerter pour la préparation des prochains Sommets », a déclaré l'Espagnol Jose Maria Aznar. Le Premier ministre belge Guy Verhofstadt, qui assurera la Présidence de l'UE à partir du 1er juillet, était venu à Göteborg avec une délégation des polices des principales villes belges, pour préparer cette présidence. Il a insisté sur le niveau de préparation des forces de l'ordre belges qui ont l'habitude des manifestations en particulier à Bruxelles.

Pour Jacques Chirac, les Quinze ne vont pas changer leur décision d'organiser tous les Sommets à Bruxelles « pour 200 casseurs ». Silvio Berlusconi a de son côté indiqué qu'il était préoccupé pour le prochain sommet du G8 fin juillet à Gênes. « C'est un choix malheureux parce que cette ville est difficile », a-t-il déclaré.

Le Premier ministre suédois a réagi aux critiques faites par la presse -mais pas par ses collègues- sur la gestion des événements par la police suédoise, qui n'était équipée ni de gaz lacrymogènes ne de lances à incendie, qui auraient pu aider à disperser les casseurs. L'absence de ces instruments n'était «pas raisonnable», a-t-il reconnu. « Nous devons être un peu plus réalistes quant au monde dans lequel nous vivons », a-t-il ajouté.

Voir dans les pages suivantes les textes relatifs aux résultats du Sommet

 

Nous reproduisons ici les "conclusions de la Présidence" qui reprennent l'ensemble des points abordés par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union lors du Conseil européen de Göteborg. Une première partie est consacrée au débat sur l'avenir de l'Europe, avec les aspects liés à l'élargissement. Suivent dans l'ordre: - le développement durable; - l'économie et l'emploi; - l'espace de liberté, de sécurité et de justice; - la coopération pour la paix et la sécurité; - les relations transatlantiques; - les relations extérieures.

S'y ajoutent deux annexes:

- déclaration sur la prévention de la prolifération des missiles balistiques

- déclaration sur l'ancienne République yougoslave de Macédoine

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