Göteborg, 17/06/2001 (Agence Europe) - Le Conseil européen des 15 et 16 juin a été un « succès », en particulier en ce qui concerne l'élargissement de l'UE et la stratégie de développement durable, malgré la présence de « groupes criminels qui se déplacent entre nos différents pays et qui veulent détruire la démocratie », a dit le premier ministre suédois Göran Persson dans sa conférence de presse de samedi, à l'issue du Sommet de Göteborg, en évoquant d'emblée les manifestations qui avaient dégénéré la veille en faisant des blessés graves et d'énormes dégâts. M. Persson a annoncé qu'un groupe de travail allait être créé avec les présidences précédente -française- et future -belge- pour examiner « comment nous protéger de ces développements dans l'UE » (voir autre nouvelle). Quant au président Romano Prodi, il a, lors de la même conférence de presse, rejeté ces « méthodes antidémocratiques, qui minent le message des manifestants pacifiques ». Et le Haut Représentant pour la PESC, Javier Solana, a dit à M. Persson, devant la presse, et en faisant allusion en particulier aux « énormes efforts » qu'un pays neutre comme la Suède a fait pour développer la PESC pendant sa présidence: « Vous avez très bien travaillé pour faire de ce monde un endroit meilleur, et c'est dommage que certaines personnes ne le comprennent pas ».
Lors de ce Sommet, il n'a finalement « pas été possible de résister » à l'idée de la Présidence suédoise d'indiquer une date pour la conclusion des négociations d'adhésion avec les pays qui seront prêts, a souligné M. Persson. Les conclusions de la Présidence affirment en effet: « Si les progrès accomplis sur la voie du respect des critères d'adhésion se poursuivent au même rythme, la feuille de route devrait permettre de clôturer les négociations d'ici à la fin de 2002 pour les pays candidats qui sont prêts. L'objectif est que ces pays participent aux élections au Parlement européen en 2004 en tant que membres » (alors que les conclusions du Conseil européen de Nice indiquaient que l'UE s'engageait à être elle-même prête, grâce à la révision du traité, à accueillir ces pays à cette date). M. Persson a relevé en particulier l'encouragement donné à Göteborg à la Bulgarie et à la Roumanie (les conclusions indiquent que des « efforts particuliers » seront consentis pour les aider) et la décision d'inviter l'Ukraine et la Moldova à participer à l'avenir à la Conférence européenne.
Quant à la stratégie de développement durable, qui n'a pas pris beaucoup de temps aux chefs d'Etat et de gouvernement mais occupe environ quatre pages sur les seize des conclusions de la Présidence, M. Persson a dit que le travail à ce sujet avait été « lancé un jour, sur un parking à Cardiff » (où se déroulait le Conseil européen de juin 1998: NdlR), et que Margot Wallström - une Commissaire à l'environnement « très dynamique »- a produit un document « tourné vers l'avenir ». Et M. Prodi a reconnu que la notion de « développement durable » existe depuis des années, mais que seulement maintenant on passe des paroles aux faits (les conclusions de Göteborg affirment en particulier que la Commission s'engage à présenter, au plus tard en janvier 2002, une communication sur la manière dont l'UE doit contribuer au développement durable sur le plan mondial).
A Göteborg, la discussion sur l'avenir de l'Europe n'a pas été très détaillée, et le dossier sera repris par la Présidence belge, a confirmé M. Persson, en notant que la possibilité de mettre en place une « Convention » pourrait créer des problèmes dans certains pays M. Prodi (qui a annoncé qu'il se rendra en Irlande la semaine après le Sommet, pour « contribuer à l'effort d'explication » après le rejet du Traité de Nice, et pour « écouter les Irlandais ») a affirmé pour sa part que ce débat doit être mené « sérieusement et calmement ». Les conclusions du Sommet indiquent que la réflexion sur la manière de structurer la phase préparatoire à la CIG de 2004 se poursuivra jusqu'au Conseil européen de Laeken, et évoquent la possibilité de créer « une enceinte ouverte ». (Rappelons aussi que la Présidence belge envisagerait de se faire assister par un groupe restreint de sages et que circulent, pour ce groupe, les noms de Jacques Delors, Jean-Luc Dehaene, Giuliano Amato, l'ancien ministre polonais des Affaires étrangères, Bronislaw Geremek et Peter Mandelson, ministre de Tony Blair: NdlR).
La décision du Sommet de nommer « pour une durée limitée » un représentant de l'UE résidant à Skopje qui agira sous votre autorité n'est-elle pas « une complication ? », a demandé un journaliste à Javier Solana. Non, c'est une bonne idée que d'avoir quelqu'un qui soit là « 24 heures sur 24 », a répliqué le Haut Représentant (qui a déjà un envoyé personnel sur place, en la personne de l'ambassadeur britannique dans l'Arym: NdlR). La France a présenté pour ce poste la candidature de l'ancien ministre de la Défense, François Léotard, mais la décision ne devrait être prise qu'au Conseil Affaires générales du 25 juin.
M. Aznar: impulsion de la future présidence espagnole à l'élargissement
Dans sa conférence de presse, le Premier ministre espagnol José Maria Aznar a réaffirmé que l'Espagne était favorable à la référence à une date sur l'élargissement dans les conclusions du Conseil européen et a assuré que la future présidence espagnole, pendant le premier semestre de 2002, donnera « une impulsion renouvelée » aux négociations d'adhésion. Et il a annoncé que, dès septembre prochain, il visitera les pays candidats, et qu'une « réunion ad hoc » est prévue avec eux en marge du Sommet de Barcelone au printemps prochain. Ce Sommet sera un rendez-vous « capital » pour la stratégie de développement durable, a dit M. Aznar, qui a annoncé que l'Espagne présentera sa stratégie nationale de développement durable dès la semaine prochaine. Dans ce contexte, il a insisté sur l'importance des conclusions concernant l'interconnexion des réseaux de transports, sur la biodiversité (l'Espagne est le pays de l'UE ayant le « plus haut degré de biodiversité », a-t-il dit) et sur la lutte contre la désertification (phénomène qui affecte certaines régions espagnoles). Barcelone sera une occasion de donner une « impulsion importante » au processus de Lisbonne, a affirmé aussi M. Aznar, en insistant en particulier sur l'accélération des réformes économiques, y compris la libéralisation des marchés, en particulier dans des secteurs-clés comme celui de l'énergie. Enfin, il a salué la référence aux régions périphériques dans les conclusions du Sommet, qui citent aussi les dispositions de l'Article 229 (ce qu'il a particulièrement salué) sur la politique agricole et structurelle.
M. Berlusconi: l'élargissement sera un « retour à l'Europe des valeurs »
Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a dit samedi à la presse que, comme nouveau venu, il s'était tenu « un peu en retrait » pendant ce Sommet. M. Berlusconi, qui était flanqué de son ministre des Affaires étrangères Renato Ruggiero, a évoqué en particulier la rencontre avec M. Bush et l'élargissement, qui, a-t-il dit, représente un « retour à l'Europe des valeurs, comme le voulaient les pères fondateurs ». Questionné sur le déficit italien, M. Berlusconi a répété que c'est un problème dont il allait parler à Rome. Quant aux « réticences » de certains pays de l'UE sur des membres de son gouvernement, M. Berlusconi avait dit vendredi après-midi: « S'il y a des réticences, ils les ont très bien cachées ». Et il avait démenti, sans qu'on l'interroge, une dépêche de l'Agence France Presse (elle est « absolument dénuée de fondement, il n'y a rien de vrai») indiquant que son discours, lors du dîner avec le président Bush, avait été essentiellement une diatribe anticommuniste, et l'occasion pour lui de se proclamer « un homme heureux » pour avoir, avec sa victoire aux élections du 13 mai, « libéré » l'Italie du communisme. Or, certains chefs de gouvernement -notamment le Néerlandais Wim Kok- ont confirmé la teneur de l'intervention du nouveau Premier ministre italien et la gêne qu'elle avait provoquée (en particulier chez Lionel Jospin, Antonio Guterres, Paul Nyrup Rasmussen, Costas Simitis).
MM. Schröder et Schüssel soulignent que la date de 2002 n'est qu'« un objectif »
Le chancelier allemand, Gerhard Schröder, s'est félicité des conclusions sur l'élargissement, même si le texte final, avec la mention de la date de fin 2002 comme date possible pour la fin des négociations, va finalement plus loin que ce que l'Allemagne avait souhaité. Il aurait été « inopportun » pour l'Allemagne de s'opposer au texte de la Présidence suédoise, d'autant plus qu'elle était, à la fin, isolée sur cette question, a dit M. Schröder. « Cela n'aurait pas été juste par rapport au travail formidable effectué par la Présidence suédoise dans le domaine de l'élargissement », a dit le chancelier. Il n'en demeure pas moins que les conclusions des Quinze ne peuvent pas être considérées comme un engagement ferme, mais seulement comme « l'affirmation publique d'un objectif commun ». L'objectif de l'UE de finir les négociations d'ici la fin 2002 s'appliquera seulement aux pays candidats les mieux préparés, ce qui veut dire que tous ont des efforts supplémentaires à faire pour se préparer à l'adhésion, a dit M. Schröder. « Je souhaiterais que la Pologne figure parmi les premiers, je considère que ce serait souhaitable », mais il n'y aura de « rabais politique » pour aucun des candidats, a-t-il souligné. A propos des conclusions du Sommet sur le développement durable, M. Schröder s'est dit généralement satisfait, mais il aurait préféré une référence encore plus explicite et claire aux besoins de réforme de l'agriculture et la sécurité alimentaire. « Kyoto ne sera pas bloqué par les Américains, mais je ne m'attends pas à ce qu'ils changent d'avis », a dit le chancelier en évoquant les résultats du Sommet UE/Etats-Unis. En ce qui concerne la situation en Macédoine, M. Schröder a souligné le « travail magnifique » de Javier Solana pour qui un représentant de l'UE sur place, à Skopje, devrait être désigné bientôt. « Je soutiens le candidat français », François Léotard, a dit M. Schröder.
Pour le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, les conclusions sur l'élargissement constituent clairement un « signal positif » aux candidats car elles assurent que le processus sera poursuivi « avec dynamisme et détermination ». « La feuille de route est contraignante » pour la poursuite des négociations sous Présidences belge et espagnole, mais comme son collègue allemand, M. Schüssel a insisté sur le fait que la date de fin 2002 pour la fin des négociations constitue seulement un « objectif », mais pas un engagement ferme. Le chancelier autrichien s'est notamment félicité du fait qu'à sa demande, un paragraphe supplémentaire sur les zones frontalières ait été ajouté dans les conclusions, demandant à la Commission de soumettre au Conseil, à très court terme, sa communication attendue depuis un certain temps sur les éventuelles mesures à prendre en vue de soutenir le développement des zones frontalières (en Autriche, Allemagne, Italie et Finlande) dans le cadre de l'élargissement. « Il nous a paru nécessaire de rappeler les conclusions de Nice sur ce point, car la Commission accuse du retard dans la préparation de ce rapport », a dit M. Schüssel. Selon lui, la Commission s'est maintenant engagée à soumettre ses propositions « encore avant l'été ». En réaction à des commentaires en provenance de Vienne (où des représentants de son partenaire de coalition se seraient exprimés en faveur d'un référendum sur l'élargissement de l'UE), le chancelier autrichien a été très clair: « Je ne pourrais jamais accepter un référendum sur cette question ».
M. Chirac plaide pour un modèle européen de développement durable et M. Jospin souligne que
les pays candidats ne doivent pas relâcher leurs efforts
Le président de la République française, Jacques Chirac, s'est félicité de ce Sommet qui « a permis aux Européens de progresser et d'affirmer leur unité », notamment en matière de changements climatiques. « Nous avons eu une conversation très ouverte et très agréable avec le Président Bush, mais sur le point essentiel, nous avons clairement et unanimement exprimé notre position: il est indispensable de mettre en œuvre le Protocole de Kyoto tel que prévu. J'espère qu'il sera tenu compte de notre détermination unanime », a-t-il déclaré. Pour M. Chirac, ce Sommet « restera important sur le plan environnement » car « l'Union européenne a jeté les bases d'une véritable stratégie de développement durable » dont les principes ont été approuvés, mais non encore les modalités. « Notre ambition est de franchir un pas dans la définition d'un modèle de développement européen » a déclaré le Président, satisfait que la dimension environnementale ait été ajoutée aux volets économique et social.
A propos du référendum irlandais, M. Chirac a souligné le respect du Conseil pour le vote irlandais, mais également son « refus unanime de rouvrir le Traité, sa volonté d'en promouvoir la ratification dans les délais prévus et de garantir que l'élargissement ne subisse aucun retard ». Il s'est réjoui, à cet égard que le Conseil ait « affirmé le caractère définitif, irréversible de l'élargissement » en adressant « un message clair et fort parfaitement compris par les pays candidats ».
Concernant la sécurité, Göteborg constitue , selon Jacques Chirac « une date essentielle » en ce qu'elle marque une « prise de conscience politique de la nécessité de lutter efficacement contre la prolifération, notamment dans le domaine balistique ». Il s'est félicité que les Quinze aient repris la proposition française de rendre universel le code conduite du RCTM (voir déclaration jointe aux conclusions du Sommet), soulignant que « la prévention » constitue un moyen, au moins aussi efficace, que la proposition américaine de bouclier antimissile. A propos de la Macédoine, le Président a salué la décision prise par les Quinze d'envoyer un représentant permanent pour quelques mois à Skopje. Evoquant l'action de l'Union au Moyen-Orient, en liaison avec les Etats-Unis, il s'est réjoui de ce que l'Union, beaucoup plus présente dans ce processus que par le passé, soit désormais « un acteur reconnu ».
Le Premier ministre Lionel Jospin s'est félicité, lui aussi « du message politique fort de soutien aux pays candidats », en soulignant que les pays candidats ne doivent pas relâcher leurs efforts et que « 2002 n'est pas une date butoir ». Evoquant les grandes orientations des politiques économiques, il a souligné que la France avait rappelé « la nécessité de progresser sur le paquet fiscal » qui piétine.
M. Lipponen satisfait des précisions sur les agences, M. Rasmussen de la date sur
l'élargissement et M. Guterres du renforcement de la stratégie de Lisbonne
Devant la presse, le Premier ministre finlandais Paavo Lipponen s'est dit satisfait des résultats sur l'élargissement et, au sujet du siège des nouvelles agences de l'UE (Helsinki aspire à accueillir la future Autorité alimentaire), il a salué la référence faite dans les conclusions de Göteborg à la décision du Sommet d'Edimbourg de décembre 1992 selon laquelle, en particulier, la priorité serait donnée aux pays qui n'accueillent pas encore d'organe de l'Union. Pour le Premier ministre danois, Paul Nyrup Rasmussen, les conclusions sur le développement durable marquaient un bon départ, même s'il regrettait que n'y figurent pas d'objectifs plus précis. La référence à une date sur l'élargissement est une bonne chose, a-t-il dit, en rappelant que les négociations sur le volet agricole auront lieu sous présidence danoise, dans la deuxième moitié de 2002. Quant au premier ministre portugais, Antonio Guterres, il s'est particulièrement félicité de l'intégration du développement durable dans le processus de Lisbonne, déjà enrichi par le Conseil européen de Stockholm.
MM. Blair, Verhofstadt et Juncker saluent le travail de la Présidence
Tony Blair, après avoir souligné «l'excellent travail » de la Présidence suédoise, s'est félicité de ce que les Quinze aient réaffirmé leur volonté de conclure les premières négociations en 2002 et de faire participer les premiers nouveaux Etats membres aux élections du Parlement européen en 2004. Le Premier ministre britannique a balayé les questions sur l'euro, assurant simplement que la ligne de son gouvernement reste la même (un référendum sera convoqué quand un certain nombre de critères économiques seront remplis). A propos de la rencontre entre les Quinze et le président américain, Tony Blair a estimé que Georges W. Bush a «favorablement impressionné les leaders européens ». Bien sûr, il y a des désaccords, comme sur le Protocole de Kyoto, «mais ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Par ailleurs, le chef du New Labour, ne voit « aucune raison de ne pas parler » des protections antimissiles. « Le monde a changé, il y a des pays qui ont des armes, chimiques notamment, nous devons donc entamer ce débat » a-t-il déclaré. Vendredi matin, Tony Blair avait rencontré Silvio Berlusconi en tête-à-tête. « Il y a une base commune dans leurs réflexions sur les réformes nécessaires pour l'économie européenne », a déclaré le porte-parole du leader travailliste.
Pour le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt, ce Sommet est une date marquante pour l'élargissement car l'espoir de Nice est devenu, à Göteborg, l'objectif. L'élargissement doit se faire vite, mais bien, et les pays candidats doivent être vraiment prêts pour l'adhésion, ce qui exclut leur participation aux élections du Parlement européen avant leur adhésion à la Communauté, a-t-il précisé. M. Verhofstadt a, par ailleurs, exprimé l'espoir que le Sommet européen de Laeken adoptera une déclaration forte sur l'Europe et les citoyens pour tenir compte de la nécessité de mieux expliquer les enjeux de l'Union à l'opinion publique européenne. Interrogé sur les indicateurs de développement durable, qui devront être élaborés sous Présidence belge, il a répondu qu'ils porteraient, par exemple, sur le pourcentage d'énergie renouvelable, la quantité d'énergie utilisée pour fabriquer des produits, la quantité de produits chimiques entrant dans la fabrication des produits.
Devant la presse, le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, a lui aussi rendu un hommage appuyé à la Présidence suédoise pour ses performances au plan des relations extérieures de l'Union, et pour «son bilan exceptionnel » en matière d'élargissement: clôture de bon nombre de chapitres de négociation, respect de la feuille de route de Nice, et conclusion de points litigieux tels que la libre circulation des travailleurs, « même si la solution retenue ne me plaît pas », a-t-il ajouté. M. Junker s'est réjoui que le Conseil européen ait réussi à délivrer aux pays candidats « un message fort » soulignant qu'« en dépit du référendum irlandais, le processus d'adhésion n'est ni ralenti, ni menacé ».
Evoquant le débat sur l'avenir de l'Europe, il a estimé que la Présidence avait « bien fait d'aborder le sujet sans l'approfondir », et il a formé le vœu que la Présidence belge « saura nous surprendre ». Concernant la rencontre avec le Président Bush et la déclaration conjointe sur le climat, M. Juncker a déclaré: « nous avons dit ce qu'il fallait dire. Nous sommes en désaccord mais nous ne désespérons pas de trouver des voies pour que les Etats-Unis ne bloquent pas le processus, et suffisamment de partenaires pour garantir la ratification du Protocole de Kyoto ». La suggestion, faite par le Luxembourg, de dépêcher une mission de haut niveau au Japon, a été reprise dans les conclusions du Sommet, a-t-il souligné, se félicitant de cette avancée étant donné que « le secrétaire d'Etat américain Colin Powell se rend au Japon lundi en huit ». EUROPE rappelle que les dernières déclarations officielles japonaises font état d'un refus de suivre les Européens si les Etats-Unis ne reviennent pas sur leur rejet du Protocole de Kyoto.
Interrogé sur la signification du non irlandais à la ratification du Traité de Nice, M. Juncker a estimé que ce refus ne traduisait pas, comme on tentait de lui faire dire, le malaise entre les classes dirigeantes et l'opinion publique, mais « une ligne de démarcation, qui traverse toute l'Union, entre une partie de l'opinion publique qui veut aller de l'avant, et une autre qui veut ralentir ». Pour y remédier, «il faudra déployer une pédagogie que nous, gouvernements, n'avons pas encore », a-t-il ajouté.
Les pays candidats ont accueilli avec une satisfaction générale le "signal" donné à Göteborg et l'objectif de conclure les négociations pour la fin 2002. EUROPE y reviendra demain.