Bruxelles, 23/08/2000 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé de renvoyer pour examen à l'autorité de concurrence britannique, qui en avait fait la demande, le projet d'acquisition par la société belge Interbrew SA des actifs de la société britannique Bass dans les domaines de la brasserie et de la distribution. Rappelons qu'Interbrew avait proposé en juin la somme de 2,2 mrds de livres sterling pour reprendre les activités de brasserie de son homologue britannique Bass, opération qui pourrait engendrer la création d'une position dominante sur le marché en question. Les autorités britanniques craignent plus particulièrement que la conjugaison des forces d'Interbrew et de Scottish and Newcastle entraîne un risque de situation duopolistique préjudiciable.
Si le règlement communautaire sur les concentrations donne à la Commission une compétence exclusive pour examiner les opérations d'une certaine importance, il stipule néanmoins que, lorsque les effets d'une concentration se limiteraient à des marchés distincts sur le territoire d'un Etat membre, il pourrait être préférable que l'affaire en question soit traitée en application du droit national de la concurrence de l'Etat concerné. Etant donné, d'une part, que les autorités britanniques examinent actuellement l'acquisition par Interbrew des intérêts de Whitbread dans le secteur brassicole et que, d'autre part, elles disposent de plusieurs études récentes concernant l'industrie de la bière au Royaume-Uni, dans le cas d'Interbrew/Bass, la Commission a considéré que les l'OFT (Office for Fair Trading) était le mieux placé pour procéder à l'examen approfondi de l'affaire, le risque de création de positions dominantes sur le marché de la fourniture de la bière se situant principalement au Royaume-Uni. Cet Etat membre dispose dès à présent d'un délai maximum de quatre mois pour traiter le dossier et envisager les effets de cette opération sur son territoire.
La Commission a autorisé par ailleurs les aspects de l'opération qui concernent la fourniture de bière en-dehors du Royaume-Uni et de boissons alcoolisées aromatisées au Royaume-Uni, car l'opération de concentration ne pose pas de problème de concurrence sur ces marchés.