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Bulletin Quotidien Europe N° 7770
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/pesd

Les premières réunions UE/Otan et "15+15" rassurent les partenaires de l'UE - Réunion COPS/NAC mi-septembre, réunion le 21 novembre avec les ministres de la défense des pays tiers - La première version du catalogue des forces sera affinée d'ici la ministérielle de novembre

Bruxelles, 01/08/2000 (Agence Europe) - A la fin du mois de juillet, les travaux de l'UE en vue du développement de la Politique européenne de sécurité et de défense se sont accélérés, avec l'adoption d'une première version du catalogue des forces qui seront nécessaires pour constituer le "Headline Goal" ,la force de réaction rapide d'environ 60 000 hommes que l'UE entend mettre en place (voir EUROPE du 29 juillet, p.3), et les premières réunions de trois des quatre groupes de travail qui ont été créés pour permettre une consultation des pays européens de l'Otan non membres de l'UE, ainsi que des pays candidats, au sujet du développement de la Pesd.

En effet, la présidence française du Conseil de l'UE a pris l'initiative de convoquer dès l'été les premiers groupes de travail UE/Otan, à savoir: - le groupe ad hoc sur les questions de sécurité (le 24 juillet); - celui sur l'accès de l'UE aux moyens et capacités de l'Otan (le 26 juillet); - celui sur les capacités (le 28 juillet). Le groupe chargé des arrangements permanents UE/OTAN se réunira début septembre. En outre, la présidence propose pour la mi septembre une première réunion entre le Comité politique et de sécurité intérimaire de l'UE (Cops) et le Conseil de l'Atlantique Nord (NAC).

Par ailleurs, le 27 juillet a eu lieu la première réunion"15+15" (Quinze de l'UE/pays candidats à adhérer à l'UE et membres européens de l'Otan qui n'ont pas demandé d'adhérer). Cette rencontre a permis à l'Union européenne d'expliquer directement à ses interlocuteurs comment elle entend poursuivre ses travaux dans ce domaine, et de leur donner des indications sur le calendrier que la présidence française entend proposer pour les consultations avec eux. Ainsi, la présidence a proposé à ces pays une réunion avec les ministres de la défense de l'UE, le 21 novembre à Bruxelles, après la session ministérielle du 20 novembre consacrée au "Headline Goal"(voir plus loin), afin qu'ils puissent indiquer quelle contribution il souhaiteraient apporter à la force de réaction rapide de l'UE. Cette rencontre au niveau ministériel sera précédée, fin septembre, par une discussion entre les experts militaires de ces pays et leurs homologues de l'UE.

Des sources de la présidence française indiquent que ces initiatives ont été bien perçues par les pays intéressés, alors qu'une certaine suspicion s'était manifestée depuis le sommet de Feira quant à la volonté de cette présidence de consulter les pays tiers de manière adéquate. En particulier, la Turquie , qui avait réagi de manière très négative aux arrangements prévus par le sommet de Feira, n'a pas bloqué le travail des groupes ad hoc, même si elle reste ferme sur le fond.

Quant au Headline Goal, comme nous l'avons indiqué, les militaires de l'UE ont mis au point un catalogue qui décrit, à partir de l'examen de différents scénarios, les capacités nécessaires pour l'atteindre (en termes de ressources humaines, équipements, etc). D'ici septembre, les capitales devront donner de premières indications des moyens qu'ils pourraient mettre à la disposition d'opérations de l'UE, qui seront examinées par les organes militaires de l'UE. Ces derniers affineront la première version du catalogue, en tenant notamment compte des indications données par l'Otan (que l'UE a commencé à consulter, au sein de la "Helsinki Headline Task Force +", renforcée par un certain nombre d'experts de l'Alliance atlantique) et de l'examen de scénarios, afin d'avoir, lors de la Conférence de génération des forces (au niveau des ministres de la défense de l'UE) du 20 novembre à Bruxelles, une idée précise des besoins, des contributions à attendre des différents pays et des éventuelles lacunes et des moyens permettant de les combler.

Un autre objectif de la présidence française est la mise en place des organes permanents de la Pesd qui devront (selon les conclusions de Feira, aussi rapidement que possible après le sommet de Nice, donc au début de 2001) remplacer les organes intérimaires , à savoir le Comité politique et de sécurité intérimaire, le Comité militaire intérimaire et le personnel militaire qui préfigure le futur état-major européen. Il s'agit en particulier de définir l'articulation entre le Cops et le Haut Représentant pour la Pesc (rappelons que la France et l'Allemagne ont proposé que Javier Solana préside le Cops, du moins en période de crise, mais qu'une majorité d'Etats membres insiste afin que la présidence en exercice du Conseil de l'UE puisse au moins co-présider le Comité), les relations entre le Cops et les organes militaires, les relations entre les organes de la Pesd et le Conseil Affaires Générales (un problème qui se pose est celui de l'éventuel transfert du pouvoir de décision, en cas de crise, du Conseil de l'UE au Cops: un tel transfert exigerait une modification du Traité que la majorité des Etats membres voudraient éviter pour l'instant, alors qu'elle est souhaitée par Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, et maintenant aussi Autriche, qui n'en font cependant pas un préalable).

En ce qui concerne les problèmes institutionnels, le Cops a eu un premier échange de vues également au sujet de l'avenir de l'UEO, et des sources de la présidence française ont indiqué qu'on attend maintenant de cette dernière une proposition sur l'intégration dans l'UE de l'Institut d'Etudes de sécurité de l'Union de l'Europe Occidentale (qui a son siège à Paris) et du Centre satellitaire de Torrejon (en Espagne), alors qu'une structure résiduelle demeurerait au Secrétariat de l'UEO, et que le Conseil de l'UEO continuerait à se réunir (mais sans doute dans une formation plus "légère") , tout comme l'Assemblée de l'UEO.

Enfin, il faudra pendant ce semestre régler les problèmes des aspects civils de la gestion de crises, et concrétiser en particulier la décision de créer une capacité de 5000 policiers pouvant être intégrés dans des opérations de maintien de la paix, dont 1000 déployables très rapidement.

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