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Bulletin Quotidien Europe N° 7749
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/presidence francaise/defense

M. Richard annonce un programme intense pour les ministres de la défense de l'UE dans le prochain semestre

Paris, 30/06/2000 (Agence Europe) - Le ministre français de la Défense Alain Richard, lors d'une rencontre avec un groupe de journalistes avant le début de Pa présidence française, a signalé cinq échéances importantes pour ce semestre, après les énormes progrès faits au cours des deux dernières années pour le développement d'une défense européenne. En même temps, il a rappelé que la politique de défense des Quinze est "une politique intergouvernementale, une coopération volontaire", en notant que "c'est la seule chose qui fonctionne aujourd'hui", car personne n'accepterait aujourd'hui "un système de défense supranational où les gouvernements perdraient la maîtrise de leurs forces armées" (interrogé sur le rôle de M.Solana, il a dit que le Haut Représentant exerce un rôle d'"expression et de mise en oeuvre des choix faits par les gouvernements").

Les rendez-vous annoncés par M. Richard sont: - dès ce samedi 1er juillet, un séminaire rassemblant, à Paris (avec la participation de MM. Richard et Solana), les directeurs politiques, les chefs d'état-major des armées, les directeurs nationaux d'armements et les directeurs chargés des affaires stratégiques des Quinze, qui discuteront des facteurs de crise impliquant l'Europe, de la définition des capacités européennes, des enjeux technologiques de l'Europe de l'armement, des objectifs de l'Europe de la défense; - le 22 septembre à Paris, une réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE, qui examineront en particulier un catalogue de forces nécessaires pour la Force d'intervention rapide que veut mettre en place l'UE; - le 16 novembre à Marseille, une réunion ministérielle du Conseil de l'UEO; - les 20 et 21 novembre à Bruxelles, la Conférence d'engagement des forces, où les Etats membres annonceront leur contribution à la future Force européenne, et évalueront les déficiences dans ce domaine (le Conseil Affaires générales "validera" ces positions); - les 7 et 8 décembre, le Conseil européen de Nice, qui tirera les conclusions.

En répondant à des questions, M. Richard a évoqué:

- les questions institutionnelles: actuellement, "il n'y a pas de Conseil des ministres de la Défense", mais des réunions informelles, nous n'avons pas de pouvoir de décision, mais nous essayons d'"arriver au Conseil Affaires générales avec des positions qui peuvent être validées", a dit M. Richard, en estimant qu'"il faut faire travailler ensemble diplomatie et systèmes de défense". Il a cependant estimé que les réunions informelles des ministres de la Défense "deviendront moins informelles". En répondant à une question sur l'opportunité d'annexer au Traité de l'UE un protocole sur l'Article V du Traité de l'UEO (assistance mutuelle), il a constaté, à propos de la position des neutres , que les quatre pays non alignés de l'UE "ont adhéré à l'objectif global". "Avons-nous besoin de trucider l'UEO ?", s'est demandé par ailleurs M. Richard avant de noter que juridiquement, nous aurions la possibilité de le faire à Dix, les autres 28 pays ne pourraient pas l'empêcher, mais nous avons laissé s'établir à l'UEO une situation dans laquelle ces pays ont développé un certain rôle, et si on voulait dissoudre l'UEO, cela entraînerait des discussions sans fin. Quant à la nécessité de réviser, dès cette CIG, le Traité de l'UE afin de tenir compte du développement de la Pesd, M.Richard a indiqué qu'une telle révision n'est pas nécessaire si la capacité de décision demeure dans les mains du Conseil des ministres, "ce qui est notre souhait". Une délégation de pouvoirs du Conseil au Comité politique et de sécurité en cas de crise suffit, a-t-il estimé, en soulignant que le Comité doit être capable d'agir rapidement, ce qui ne serait pas le cas s'il fallait réviser le Traité dès maintenant. Nous ne sommes "pas du tout opposés" à une révision, mais on pourra le faire "d'ici quelques années, en s'appuyant sur l'expérience", a dit M. Richard.

- l'attitude des Etats-Unis à l'égard de la défense européenne: hier à Washington, a raconté M. Richard, le Secrétaire américain à la défense a dit que les Etats-Unis étaient favorables à l'intervention australienne à Timor oriental. Et il a ajouté: peut-être les Etats-Unis pourront-ils accorder aux Européens "un même niveau de confiance qu'aux Australiens...".

- la contribution des différents Etats membres au "Headline Goal": la France n'entend pas faire d'annonce maintenant, et espère que tout le monde apportera sa contribution; en outre, elle devra peut-être "garder dans le tiroir une gamme de capacités", car elle sera peut-être amenée à devoir les engager. Il faut veiller à ne pas faire de distinction entre les "grands" pays et les autres, a estimé M. Richard, en notant que, si "trois ou quatre pays n'apportent rien du tout" à la future force européenne, ceci "fragiliserait" l'engagement pris par les Quinze à Helsinki. La Conférence de génération des forces de novembre prochain sera très importante, a souligné le ministre, en signalant que "nous aurons aussi la possibilité de faire appel à des contributions de pays non membres". M. Richard, qui a noté qu'il faudra programmer des entraînements communs pour les futures unités de la Force d'action rapide européenne, a aussi rappelé que le seul élément multinational de l'Otan (en "multipropriété", a-t-il dit), c'est les avions de reconnaissance rapide AWACS, alors que tout le reste est "purement national", y compris ce qui "pose problème", comme les technologies de renseignement, qui sont américaines.

- la possibilité de développer des coopérations renforcées en matière de défense. Interrogé sur les propos tenus à ce sujet par le président Chirac dans son discours au Bundestag, M. Richard a affirmé: depuis deux ans, le président appuie le développement d'une défense à Quinze, "la capacité de défense, il faut la réaliser à Quinze", même si l'Eurocorps exclut, par exemple, Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, "des tas de gens très bien", "c'est une coopération renforcée".

- les limites géographiques des futures opérations de l'UE: selon M. Richard, une telle "ligne géographique existe, mais elle bougera dans le temps", et il ne faudrait donc pas la dessiner sur une carte. "Il y aura une évolution dans le temps de la notion d'environnement de sécurité européen", a estimé M.Richard.

- les objections de la Turquie (qui a demandé des améliorations d'ici le sommet de Nice) aux arrangements retenus par le sommet de Porto pour l'implication des alliées européens non membres de l'UE aux opérations de gestion des crises conduites par celle-ci: "J'ai noté la position singulière" de la Turquie, a répondu M. Richard, en rappelant que d'autres pays "géographiquement européens", comme la Norvège, ont fait état de leur satisfaction pour ces arrangements. Ces mécanismes commenceront à fonctionner la semaine prochaine, on en discutera avec la Turquie, on verra ce qu'elle souhaite améliorer, mais peut-être faudrait-il que la Turquie évalue elle aussi sa propre position et l'impact de ses décisions sur l'influence qu'elle peut exercer, a remarqué M. Richard (qui a rappelé que la Turquie avait été la seule à s'opposer à l'attribution du commandement de la Kfor à l'Eurocorps, et qu'elle a été ensuite amenée à changer de position).

- la réintégration de la France dans l'Otan: Le problème "me semble largement réglé", a dit M. Richard, en rappelant que le Secrétaire général de l'Alliance atlantique a constaté que "sur le plan pratique le problème n'existe pas", et en ajoutant: "Nous ne voyons pas l'utilité de changer cet état de fait".

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