Dublin, 06/03/2000 (Agence Europe) - Le commissaire européen aux relations extérieures Chris Patten a souligné les forces et les faiblesses de la contribution de l'Union européenne à la promotion des droits de l'homme dans le monde dans un texte transmis à la conférence qui s'est tenue le 4 mars à Dublin sur le thème "Protection of Human Rights in the 21st Century - Towards Greater Complementarity within and between European Regional Organisations".
Parmi les forces de l'UE, M.Patten a relevé: - le cadre juridique, en citant l'Article 6 du Traité d'Amsterdam, ainsi que les Articles 11 sur la Pesc et 177 sur la coopération au développement; - le poids politique que représente une communauté de quinze Etats, avec un Parlement européen élu; - le poids et les "muscles" économiques de l'UE. Comment pouvons-nous utiliser ces "muscles"? demande M.Patten, et il répond: "Avec prudence. Il y a de la place pour ses sanctions ad hoc, et de préférence ciblées (...) Nous les avons pour la Birmanie (...), pour la Serbie". Mais il ajoute: "Je suis en général sceptique quant à la possibilité que l'isolement et les sanctions économiques encouragent le respect des droits de l'homme. Cela n'a pas marché à Cuba. C'est intéressant de constater que quelques-uns des pires abus des droits de l'homme sont commis par des pays - Corée du Nord, Birmanie - qui ont choisi de s'isoler eux-mêmes (...). Par exemple, la Birmanie (...) a récemment restreint les importations de produits d'usage quotidien comme la bière (…). Peut-être le régime militaire croit-il que le fait de boire de la Guinness encourage de dangereuses idées démocratiques"; - un budget significatif, avec presque 100 millions au titre de l'Initiative européenne pour la démocratie et les droits de l'homme, et le budget annuel de l'aide extérieure de l'UE.
Quant aux faiblesses, M. Patten a cité la nécessité de s'entendre à Quinze, ce qui est particulièrement difficile lorsqu'"on a le sentiment que d'importants intérêts politiques ou économiques sont en jeu". En reconnaissant que les Etats membres n'avaient pas réussi par le passé à s'entendre, par exemple, sur une résolution sur la Chine, M. Patten a cependant souligné qu'il y a "beaucoup d'exemples" de positions adoptées à l'unanimité, comme celle concernant l'abolition de la peine de mort.
M. Patten a aussi évoqué la situation en Tchétchénie, en estimant que "nous ne devrions pas permettre à la Fédération russe de dresser une institution (le Conseil de l'Europe) contre une autre (l'OSCE) et a dit comprendre "entièrement" le désir de Mary Robinson, Haut Commissaire aux droits de l'homme de l'Onu, de voir la situation en Tchétchénie "discutée à Genève ce mois-ci" (par la Commission des droits de l'homme de l'Onu: NDR).