Bruxelles, 06/03/2000 (Agence Europe) - Dans le cadre de la préparation de la journée internationale de la Femme (8 mars), le Groupe parlementaire du Parti des socialistes européens (PSE) a fait le point, sous la présidence du président du PSE Enrique Baron, sur les différents dossiers qui touchent de près à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, et plus particulièrement: i) le rôle des femmes dans le règlement des conflits armés et dans l'élaboration des processus de paix, ii) l'élimination de toutes formes de violence à l'encontre des femmes; iii) les perspectives de l'égalité des chances dans tous les domaines politiques; iv) les contributions à la conférence de "Pékin +5"; v) les femmes dans les organes de décision.
"La plupart des politiques et des analyses relatives aux conflits armés ignorent la spécificité du genre (sexe). Or, la guerre est une activité de genre", a déclaré la Suédoise Maj-Britt Theorin, présidente de la commission parlementaire des Droits de la femme et de l'égalité des chances. "La plupart des combattants sont en effet des hommes; les institutions militaires et l'armée sont en général des institutions pour les hommes, non seulement à cause de leur nombre mais aussi de la culture qui y est propagée". Or, a expliqué Mme Théorin, "ceux qui souffrent de la guerre, ce sont les civils, et surtout les femmes et les enfants, que l'on tue ou à qui on fait subir du harcèlement sexuel. Dans le peu de cas où les femmes sont impliquées dans des négociations formelles, dans un processus décisionnel ou encore dans un processus de reconstruction, comme en Afrique du Sud, au Guatemala, au Cambodge et en Géorgie, leur participation a fortement contribué au succès du processus de paix". La présidente a conclu que "si on ignore le point de vue de 50% de la population, on court le danger que le processus de paix soit oublié. Il y a donc un besoin incontestable pour l'UE d'aider les femmes dans leurs efforts pour la construction de la paix et dans les efforts d'analyse, de prévention et de solution des conflits".
Lissy Gröner, nouvellement élue vice-présidente de l'Internationale socialiste et coordinatrice pour les questions de femmes au PSE, s'est réjouie de ce qu' "à présent, nous avons dans le PSE des quotas pour la participation des femmes dans les postes décisionnels" et a souligné "le rôle important que l'UE est appelée à jouer lors de la conférence Pékin + 5 qui se tiendra en juin à New York".
La présidente de la commission permanente "femmes" du PSE, l'Italienne Fiorella Ghilardotti, a insisté sur la nécessité d'"un travail culturel et de pression dans les partis pour qu'ils établissent des règles en vue de concrétiser l'égalité des chances" (suite à la décision du parti socialiste suédois de promouvoir les femmes dans la politique, le taux de participation des femmes dans le gouvernement suédois a atteint 52%). La députée néerlandaise Joke Swiebel a fait remarquer que les "systèmes politiques pratiquant le système de représentation proportionnelle réussissent mieux en ce qui concerne la promotion des femmes que les autres". L'Espagnole Maria Elena Valenciano a plaidé pour "une réforme des systèmes électoraux nationaux afin de faciliter l'accès des femmes aux postes de décision" et rappelé que "la non-représentation des femmes a des causes structurelles, les femmes ayant toujours été discriminées de ce secteur". Et d 'ajouter que "le combat pour la promotion de la femme dans des postes décisionnels était aussi idéologique, la droite politique ne croyant pas à un système de quotas". La députée espagnole Maria Izquierdo Rojo a estimé que "les quotas étaient absolument nécessaires sans quoi la mise en oeuvre de la politique de l'égalité des chances dans le processus décisionnel durera des années et des années".