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Bulletin Quotidien Europe N° 7662
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/royaume-uni

MM. Blair et Prodi soulignent l'importance "cruciale" du sommet de Lisbonne pour l'avenir de l'Europe

Bruxelles, 23/02/2000 (Agence Europe) - L'essentiel de la rencontre que Tony Blair a eue ce matin avec la Commission européenne était consacré au sommet de Lisbonne, a dit mercredi à la presse le président de la Commission Romano Prodi, qui avait à ses côtés le Premier ministre britannique. Lisbonne sera une importante occasion pour traduire la croissance non seulement en emplois, mais aussi en "un très grand effort pour changer l'Europe", a estimé M. Prodi, pour qui l'éducation de la jeune génération européenne aux nouvelles technologies, la société de la connaissance, la recherche, l'"inclusivité" de la société européenne seront parmi les "garanties de l'avenir de l'Europe". Et, en constatant un "très, très fort accord" avec Tony Blair sur ces questions, il a noté que le sommet sera peut-être "une rencontre ennuyeuse", car "nous ne nous disputerons pas". Pour Tony Blair, ce sommet sera crucial, car c'est "la première fois que nous avons un agenda pour la réforme (économique) et un sommet consacré à la réforme". Cette réforme doit à la fois être "entièrement compatible avec les valeurs du modèle social européen" et permettre d'adapter ce modèle au monde d'aujourd'hui, a réaffirmé Tony Blair.

Interrogé sur la place de son pays en Europe, M.Blair a souligné que cette place est "absolument vitale pour l'industrie et pour l'emploi" (trois millions d'emplois dépendent directement de notre appartenance à l'UE, a-t-il dit) et a répété que le Royaume-Uni doit avoir "un rôle de pointe" en Europe. Il s'agit d'"une Europe d'Etats nations qui travaillent de plus en plus étroitement ensemble", a-t-il répondu à des questions sur un "super-Etat" européen, en ajoutant: "Je n'ai jamais entendu Romano Prodi dire qu'il voulait se débarrasser de l'Italie comme Etat nation (...) ou qu'il voulait créer une armée européenne conduite par la Commission".

Déclaration belgo-britannique pour le sommet: plein emploi,
modernisation de la sécurité sociale, "charte PME"

Tony Blair a développé ces idées dans un discours intitulé "Committed to Europe, Reforming Europe" prononcé mercredi à l'hôtel de ville de Gand et dans lequel il a rappelé le "discours de Bruges" de Mme Thatcher (du 20 septembre 1988: NDR). Ce fut le début de "la position isolationniste et hostile" du Parti conservateur, a-t-il constaté M.Blair, en ajoutant: les critiques de Mme Thatcher n'étaient pas toutes injustifiées, certaines étaient même partagées par d'autres dans l'Union européenne, mais je ne suis pas d'accord avec la réaction à ces critiques, qui avait été l'"opt out". Le résultat n'avait pas été que "l'Europe s'arrêtait de bouger, mais que le Royaume-Uni cessait d'influencer la forme et la direction de ce mouvement", alors que depuis mai 1997 (date de son arrivée au pouvoir), Londres a fourni une "claire et substantielle contribution" à toutes les nouvelles initiatives de l'UE, a constaté M.Blair. Au sujet de la CIG qui vient de s'ouvrir, M.Blair a évoqué la flexibilité ("je suis confiant que le bon sens permettra de trouver une solution") et la nécessité d'une Commission "efficace, forte et indépendante" et d'une "initiative concertée sur la subsidiarité".

Quant au sommet de Lisbonne, M.Blair a réaffirmé que le "principal défi" est de veiller à "faire de l'Europe le meilleur endroit au monde où faire des affaires dans la nouvelle économie de la connaissance", mais que l'"agenda de Lisbonne va plus loin", car il s'agit de promouvoir "le dynamisme économique et la justice sociale", en reconnaissant que "la meilleure manière d'atténuer la pauvreté et de renforcer les sociétés, c'est de remettre les gens au travail". Aujourd'hui, moi-même et Guy Verhofstadt avons annoncé une proposition commune pour Lisbonne sur la modernisation de la politique sociale européenne, de sorte que ça vaille la peine de travailler", a indiqué M.Blair (voir plus loin). M.Blair espère que Lisbonne "marquera un tournant dans l'approche européenne de la politique économique et sociale", et affirme: "Nous voulons remettre le plein emploi au coeur de l'agenda social de l'Europe".

En prenant la parole à la même occasion, à Gand, le Premier ministre belge Guy Verhofstadt a souligné en particulier que la déclaration belgo-britannique insiste sur un défi particulier: la nécessité que tous les groupes qui composent la société participent à "la révolution née de la nouvelle économie" - en d'autres termes, "la création d'un socle social pour l'Europe économique et monétaire". Les "leviers que nous pouvons utiliser à cette fin" sont trois, à savoir l'objectif du plein emploi, la modernisation de la sécurité sociale (avec une attention particulière pour le financement des retraites et le droit de chacun à des soins de santé de qualité) et une "charte PME réduisant la surréglementation", a-t-il dit. (Nous reviendrons sur cette déclaration: voir page 13 de ce bulletin le document espagnol pour le sommet et dans EUROPE des 21/22 février, p.9, les priorités communes pour le sommet présentées par Belgique, France et Italie).

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