Bruxelles, 10/02/2000 (Agence Europe) - Lundi prochain, pendant le déjeuner de travail des ministres des Affaires étrangères de l'UE (en présence de la Commission) à l'occasion du Conseil Affaires générales, Benita Ferrero-Waldner, ministre des Affaires étrangères d'Autriche, confirmera la volonté du nouveau gouvernement autrichien de continuer à "travailler de manière constructive" au sein de l'Union européenne, a indiqué à la presse le Représentant permanent autrichien auprès de l'Union, Gregor Woschnagg. Mme Ferrero-Waldner dira que l'Autriche souhaite continuer à travailler de la même manière aussi dans les réunions informelles organisées dans le cadre de l'Union européenne, a précisé l'ambassadeur Woschnagg.
Avant le déjeuner, les ministres prendront congé de leur collègue finlandaise Tarja Halonen, qui est devenue président de la République (son successeur n'a pas encore été désigné), et pendant le déjeuner, la ministre suédoise des Affaires étrangères Anna Lindh informera ses collègues au sujet de la récente Conférence sur l'holocauste, à Stockholm (voir EUROPE des 7/8 février, p.6).
Les travaux du Conseil commenceront par une discussion sur la préparation du Conseil européen des 23 et 24 mars consacré à l'emploi, la réforme économique et la cohésion sociale (voir EUROPE d'hier, page 7, au sujet de la réunion informelle des ministres des Affaires sociales qui préparera ce sommet).
Ensuite, le Conseil devrait donner le feu vert à la création des organes intérimaires chargés de la politique de sécurité et de défense à créer en son sein en attendant la mise en place, à la fin de cette année, d'organes permanents. Le Conseil avait espéré entériner la création de ces organes sans discussion, mais les ministres devront régler encore quelques détails, à cause notamment de certaines questions posées par les Pays-Bas. Lundi devra donc être décidée la création au sein du Conseil de l'UE de: a) un Comité politique et de sécurité de haut niveau (de niveau "ambassadorial"); b) un Comité militaire qui serait présidé par un officier du niveau élevé - sans doute un colonel - et composé, pour commencer, de 10-15 personnes, en attendant de le porter à environ 70 personnes ( la"boîte à outil" qui définit les organes permanents prévoit que le Comité militaire sera présidé par un officier à quatre étoiles); - une équipe d'experts militaires nationaux, en attendant la mise en place d'un état-major militaire européen.
Le Conseil évoquera ensuite les travaux de la Convention qui élabore la Charte européenne des droits fondamentaux (voir EUROPE du 4 février, pages 7 et 8, au sujet de la première réunion de travail de la Convention, qui est présidée par l'ancien président de la République allemande Roman Herzog). L'ancien chancelier Franz Vranitzky, qui avait été nommé par le gouvernement Klima pour représenter l'Autriche, a démissionné en signe de désapprobation pour la formation d'un gouvernement avec le FPÖ de Jörg Haider, et le nouveau gouvernement devra désigner son remplaçant.
Le Conseil avant de discuter du processus de paix au Proche-Orient, des relations avec la Russie (sur lesquelles il adoptera une déclaration) et avec le Mexique et des problèmes en suspens avec l'Afrique du Sud, aura une discussion sur les derniers développements dans les Balkans et devrait, à cette occasion, adopter une double approche pour les sanctions contre la Serbie, consistant, d'une part, à renforcer les sanctions qui frappent directement le régime du président Milosevic (environ 200 nouveaux noms devraient être ajoutés à la "liste noire" de personnalités et d'entreprises frappées par le refus de visa et par le gel de leurs avoirs financiers) et, de l'autre, à lever ou assouplir l'interdiction des vols avec la Serbie. Lors du dernier Conseil, le Royaume-Uni et les Pays-Bas s'étaient opposés à la levée de cette sanction; le durcissement des mesures contre les responsables serbes devrait leur permettre de changer de position, d'autant plus que l'interdiction des vols est, semble-t-il, assez peu efficace.