Quelques jours après l’activation du Mécanisme européen de protection civile par l’Espagne et la France (EUROPE 13916/27), où les incendies dévastateurs ont déjà provoqué l’évacuation de plus de 300 000 personnes, l’Union européenne continue de déployer une réponse d’urgence massive.
Au 27 juillet, la France a déjà reçu sept avions et quatre hélicoptères issus de la réserve rescEU. La mission inclut notamment des hélicoptères Black Hawk slovaque et tchèque, un Canadair croate ainsi que des avions légers suédois et portugais, appuyés par un officier de liaison de la Commission européenne déployé à Bordeaux.
En Espagne, l'aide comprend actuellement six avions bombardiers d'eau venus de Grèce, d'Italie et de Turquie, renforcés par trois équipes de pompiers forestiers portugais rassemblant 134 personnels et 41 véhicules spécialisés.
Plusieurs feux toujours hors de contrôle. Sur le terrain, la situation demeure extrêmement critique. Selon un porte-parole de la Commission, au matin du 27 juillet, les surfaces touchées et non maîtrisées dépassaient 80 000 hectares en Espagne et 42 000 hectares en France. La complexité des opérations au sol est considérablement accentuée par la proximité des brasiers de zones résidentielles et industrielles, contraignant les secouristes à prioriser la protection directe des personnes et des habitations.
Face à cette catastrophe, les experts soulignent une nette inadéquation entre la propagation du feu et les capacités humaines sur le terrain. Lors d'un récent incendie dans le sud de l'Espagne, les flammes progressaient ainsi à une vitesse de 6 km/h, soit vingt fois plus que le rythme d'action moyen des pompiers - estimé à 300 mètres par heure au maximum.
La Commission se dote d’une flotte permanente. Cette crise confirme un allongement sévère de la saison des feux de forêt. Débutée de façon exceptionnelle dès la fin avril, celle de 2026 devrait « très probablement se prolonger jusqu'en octobre, voire au début du mois de novembre selon les cas », estime un porte-parole européen.
Un phénomène désormais destiné à se répéter régulièrement dans les années à venir, en particulier du fait des canicules, qui provoquent un assèchement extrême de la matière végétale - créant un véritable réservoir de combustible (EUROPE 13841/3).
Sur le long terme, l'UE compte pérenniser ses propres moyens de réaction. À l'heure actuelle, elle s'appuie sur une 'flotte de transition' de 22 avions et 5 hélicoptères loués ou cofinancés auprès des États membres, en vertu du plan d'action pour l'été 2026 (EUROPE 13879/2). Mais pour ne plus compter sur des renouvellements saisonniers et garantir une capacité d'intervention prévisible, la Commission a elle-même commandé une flotte communautaire permanente de 12 Canadair et 5 hélicoptères, qui devraient être livrés progressivement entre 2027 et 2030, d'après un officiel.
Cependant, les experts comme la Commission sont conscients des limites des seuls moyens aériens. « La réaction n'est pas la solution », a martelé un porte-parole, soulignant que « peu importe le nombre d'avions, cela ne suffira jamais lors d'urgences simultanées ».
Dans sa proposition pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP 2028-2034), la Commission prévoit ainsi d'allouer 35% du budget européen à la résilience climatique et à la prévention face aux événements météorologiques extrêmes. Ce volet simplifiera également l'accès aux fonds d'urgence pour les régions et collectivités locales touchées afin de faciliter les travaux de reconstruction sur le terrain. (Justine Manaud)