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Bulletin Quotidien Europe N° 13974
POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ

La Présidence irlandaise du Conseil de l’UE propose d’adapter les bilans de santé cardiovasculaire et le dépistage précoce aux réalités nationales

La Présidence irlandaise du Conseil de l'UE a présenté au groupe de travail ‘Santé publique’ du Conseil, vendredi 30 octobre, un compromis sur la proposition de recommandation relative aux bilans de santé cardiovasculaire, qui adapte les ambitions européennes de dépistage précoce aux spécificités des systèmes de santé nationaux. 

Ainsi, le texte transmis aux délégations le 23 octobre modifie la proposition présentée par la Commission européenne le 28 septembre (EUROPE 13947/6) afin de tenir compte des réserves nationales concernant les objectifs sanitaires, les ressources disponibles et les obligations administratives.

Pour rappel, les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de mortalité et de handicap dans l'Union européenne, avec 1,7 million de décès annuels et quelque 62 millions de personnes concernées. Aussi, leur coût économique dépasse 282 milliards d'euros par an, selon l'OCDE. Or, moins de la moitié des États membres proposent actuellement des bilans cardiovasculaires, selon des modalités variables.

La principale modification concerne les objectifs du plan européen pour la santé cardiovasculaire, dit 'Safe Hearts Plan', présenté en décembre 2025.

La Présidence propose de retirer de la partie opérationnelle de la recommandation les objectifs chiffrés pour 2035, qui resteraient néanmoins mentionnés dans les considérants et parmi lesquels on compte une réduction de 25% de la mortalité cardiovasculaire prématurée et une mesure annuelle de la tension artérielle pour au moins 75% des personnes âgées de 25 à 64 ans et 90% des plus de 65 ans. 

Pour le cholestérol et la glycémie, ces proportions sont respectivement de 65 et 80%.

En outre, le compromis privilégie les populations présentant des risques cardiovasculaires élevés, notamment les personnes souffrant de diabète de type 2, plutôt qu'un dépistage généralisé, dont le rapport coût-efficacité apparaît moins favorable.

La Présidence irlandaise propose également de laisser les États membres libres d’adapter les examens cardiovasculaires et leur fréquence, détaillés dans l’annexe, aux besoins de leur population. 

Pour les moins de 35 ans, elle envisage au moins un bilan comprenant l'évaluation des comportements de santé et des facteurs de risque, tandis qu’entre 35 et 64 ans, elle appelle à un examen au minimum tous les cinq ans, comprenant notamment la tension artérielle, le cholestérol, la glycémie et la fonction rénale.

À partir de 65 ans, un bilan tous les trois à cinq ans est recommandé, avec des examens complémentaires permettant notamment de détecter une fibrillation auriculaire.

Par ailleurs, les États membres sont également encouragés à faciliter l'accès au dépistage dans les pharmacies, les centres communautaires ou grâce à des unités mobiles, particulièrement dans les territoires ruraux et insuffisamment desservis.

De plus, le recours à des outils d'intelligence artificielle, sous réserve de validation clinique et de supervision humaine, ainsi qu'un suivi personnalisé des patients présentant des risques élevés sont mentionnés.

Et à propos du suivi de la recommandation, les États membres devraient présenter un premier rapport à la Commission européenne trois ans après son adoption, puis tous les quatre ans, sans charges administratives supplémentaires inutiles. 

Consulter le document : https://aeur.eu/f/o7y  (Nithya Paquiry)

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