La Commission européenne a présenté, mardi 29 août, des propositions assez sévères sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas de l’an prochain dans les eaux de la mer Baltique.
En plus du moratoire sur la pêche à l’anguille en Baltique (voir autre nouvelle), les services du commissaire à la Pêche, Karmenu Vella, prônent des réductions assez importantes de certaines limites de captures, notamment s’agissant du cabillaud, du hareng et de la plie.
Cabillaud. La Commission propose une baisse de 28%, à 22 275 tonnes en 2018 (dont 5 891 tonnes pour la Pologne, 5 184 t. pour la Suède et 5 117 pour le Danemark), du TAC de cabillaud en Baltique orientale. Les scientifiques recommandent que les captures soient fortement réduites.
Le cabillaud de la Baltique occidentale est un stock important pour de nombreux pêcheurs artisanaux et celui-ci a atteint des niveaux très bas au cours des dernières années. Le Conseil avait décidé, pour 2017, une baisse de 56% des captures par rapport à 2016 et des mesures supplémentaires (périodes de fermeture et des limitations de la pêche récréative). À l'heure actuelle, le stock est toujours en dessous du seuil des limites biologiques sûres. Par conséquent, la Commission estime qu'il est nécessaire de maintenir les mesures existantes afin de garantir la reproduction des jeunes cabillauds et partant, la reconstitution du stock. Elle suggère de maintenir le TAC à 5 597 tonnes.
Hareng. La Commission propose de relever les quotas des stocks de hareng et de sprat de la Baltique centrale, respectivement de 25% et 0,5%. Mais pour les autres stocks de hareng, des baisses parfois importantes sont proposées (-54% pour le hareng occidental, à 129 876 tonnes, -50% pour le hareng du golfe de Botnie, à 70 617 t.) et -7% pour le hareng de Riga, à 28 999 t.).
En ce qui concerne les stocks de saumon, le volume des possibilités de pêche en mer Baltique, exprimé en nombre de poissons, passera de 106 413 à 116 099 individus, ce qui représente une hausse de 9% par rapport à 2017. Pour la plie, la baisse est de 20%, à 6 272 tonnes.
Selon le type de pêcherie, les propositions pour 2018 auront donc des effets très divers. Au total, la proposition de la Commission aboutit à un volume de possibilités de pêche pour la mer Baltique d’environ 647 000 tonnes, soit une réduction de 7% par rapport à 2017.
Les cinq stocks de pélagiques (quatre stocks de hareng et un stock de sprat), ainsi que les stocks de cabillaud de la Baltique occidentale, de plie et de saumon du bassin principal de la mer Baltique doivent être exploités au niveau correspondant au RMD (rendement maximal durable) en 2018, souhaite la Commission. (Lionel Changeur)