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Bulletin Quotidien Europe N° 11850
POLITIQUES SECTORIELLES / PÊche

La Commission propose d’interdire en 2018 la pêche à l’anguille marine en Baltique

La Commission européenne a proposé, mardi 29 août, d’interdire l’an prochain la pêche à l’anguille marine dans les eaux de la Baltique, des restrictions qui s’appliqueraient aussi bien à la pêche commerciale qu’à la pêche récréative.

La Commission a suggéré de prendre ces mesures de précaution dans le cadre de ses propositions sur les possibilités de pêche en 2018 dans les eaux de la mer Baltique (voir autres nouvelles).

Le stock d'anguille européenne se trouve à un niveau historiquement bas depuis la fin des années 1990. Cette espèce figure aujourd'hui à l'annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

L’anguille dans un état critique. En 2007, l'Union a adopté des mesures visant à permettre au stock d’anguille de se reconstituer. Toutefois, l'avis du CIEM (Conseil International pour l'exploration de la mer), publié en mai 2017, indique que ces mesures n'ont pas été suffisantes et que le stock est toujours dans un état critique. La Commission propose donc d'interdire totalement la pêche de l'anguille marine dans les eaux de l'Union de la mer Baltique en 2018. Cette interdiction s'appliquerait à la pêche commerciale et récréative. Cela signifie également que toutes les anguilles capturées accidentellement devraient être remises à l'eau immédiatement. 

Révision du ‘règlement anguille’ ? En outre, la Commission prévoit d'évaluer le règlement sur la reconstitution du stock d'anguille européenne. Des données récentes montrent que 57 % des anguilles argentées ayant atteint la haute mer sont capturées dans le cadre de la pêche commerciale et récréative pratiquée en Baltique. Le règlement relatif à l’anguille fait obligation aux États membres qui se livrent à la pêche de l’anguille dans les eaux de l’Union de réduire l’effort et/ou les captures de 50 % par rapport à l’effort moyen et/ou la moyenne des captures entre 2004 et 2006, à moins que leurs plans de gestion ne s'appliquent également aux eaux marines. Aucun des États membres riverains de la mer Baltique n'a atteint cet objectif.

Étant donné l’état du stock de l’anguille d’Europe, la réduction de 50% de l’effort ou des captures prévue par le règlement « ne cadre pas avec les objectifs de la PCP (politique commune de la pêche) définis en 2013 en faveur d’une exploitation durable des ressources », explique la Commission. D'après l'avis du CIEM, toutes les pêcheries ciblant les reproducteurs doivent cesser leur activité tant qu’aucune preuve manifeste de l’amélioration de l’état du stock n’aura été obtenue.

Étant donné le caractère de gravité que revêt l'avis du CIEM, il convient, dans l’attente de solutions à plus long terme, d’interdire en 2018 toute pêche ciblant l'anguille d’Europe dans la mer Baltique, fait valoir la Commission.

Le recrutement annuel de la civelle dans les eaux européennes en 2016 est resté faible, selon les scientifiques (de 2,7% à 10,7% selon les zones). Le recrutement annuel de jeunes anguilles jaunes dans les eaux européennes s’est élevé à seulement 21% des niveaux au cours des années 1960-1979, ce qui signifie qu'aujourd'hui le recrutement a chuté de 80% comparé au niveau de la période 1960-1979.

Les ministres européens de la Pêche fixeront les quotas 2018 en Baltique lors du Conseil des 9 et 10 octobre.

En mer Baltique, deux États membres se partagent le gros des prises d'anguilles. Le Danemark a déclaré 563 tonnes et la Suède 364 tonnes en 2014-2015. Les captures signalées par ces États membres couvrent d’autres eaux que la mer Baltique. (Lionel Changeur)

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