L'UE a déploré, mardi 1er août, les arrestations de deux des chefs de l'opposition vénézuélienne, à la veille de l'installation prévue de l'assemblée constituante vénézuélienne issue de l'élection du dimanche 30 juillet, dont les résultats n'ont pas été reconnus par l'UE, les États-Unis et la communauté internationale.
« C'est clairement un pas dans la mauvaise direction », a estimé une porte-parole de la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini. « Nous continuons à appeler le gouvernement du Venezuela à travailler à des mesures urgentes pour rétablir la confiance, dans l'objectif d'une désescalade des tensions », a-t-elle ajouté.
Le fondateur du parti Voluntad Popular (Volonté populaire, droite), Leopoldo Lopez, et le maire de Caracas, Antonio Ledezma, ont été arrêtés, selon leurs familles, en pleine nuit chez eux, où ils étaient en résidence surveillée après avoir déjà été emprisonnés - près de trois ans et demi pour M. Lopez.
L'UE a aussi répété, mardi, qu'elle ne reconnaissait pas les résultats de l'élection de l'assemblée constituante, boycottée par l'opposition et entachée par des violences et la mort d’au moins 15 personnes. « Nous avons des doutes quant à la validité du résultat. La Commission ne peut pas reconnaître les résultats en tant que tels. Nous sommes en discussion avec le Parlement européen sur cette question », a souligné une porte-parole de la Commission, rappelant que la position de l'UE était coordonnée par Mme Mogherini.
Le Conseil national électoral vénézuélien (CNE) a revendiqué un taux de participation de 41,5% alors que l’opposition avance une participation de 12%.
L'assemblée constituante vénézuélienne élue le 30 juillet doit rédiger une nouvelle Constitution remplaçant celle promulguée en 1999 par le défunt président vénézuélien, Hugo Chavez, et elle devrait donner les pleins pouvoirs à l'actuel président vénézuélien, Nicolás Maduro, qui a promis de lever l’immunité parlementaire des députés de l’opposition, majoritaires au Parlement depuis 2016, et de reprendre le contrôle du Parquet.
Qualifiant ces élections d'« illégitimes » et M. Maduro de « dictateur », les États-Unis ont annoncé, lundi 31 juillet, de nouvelles sanctions avec le gel de tous les avoirs que posséderait le président vénézuélien aux États-Unis. (Emmanuel Hagry)