La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a annoncé, mardi 25 juillet, le renforcement de la coopération entre l’Union européenne et l’Égypte en matière de lutte contre le terrorisme.
« Nous devons renforcer notre coopération dans la lutte contre le terrorisme », a expliqué Mme Mogherini à l’issue du tout premier conseil d’association UE/Égypte depuis 2010. Témoignant de la solidarité de l’UE envers l’Égypte où, mardi matin, un nouvel attentat dans le Sinaï a fait 7 morts, Mme Mogherini a estimé qu’il fallait traduire cette solidarité en une « coopération concrète ». Elle a, par exemple, expliqué qu'un expert de la lutte antiterroriste pourrait être envoyé à la délégation de l’UE au Caire.
Pour le ministre des affaires étrangères égyptien Sameh Shoukry, il faut combattre, entre autres, le recrutement et le financement du terrorisme.
La lutte contre le terrorisme et la sécurité font partie des priorités de partenariat pour la période 2017-2020 adoptées par l’Égypte et l’UE le 25 juillet.
La coopération en matière de migration est une autre priorité d’action. Selon M. Shoukry, il y aurait entre 4 et 5 millions de réfugiés et migrants en Égypte, qui selon lui, sont intégrés dans la société.
Les priorités d'action bilatérale portent également sur l’économie et le développement social en Égypte, notamment sur l’avancée des objectifs socio-économiques énoncés dans la 'Stratégie de développement durable' de l'Égypte à l’horizon 2030. Le commissaire à la Politique de voisinage, Johannes Hahn, a rappelé que l’UE et ses États membres soutenaient l’Égypte dans de nombreux domaines, tels que l’énergie, les transports, la santé, l’éducation, la recherche et l’innovation. L’aide européenne à l’Égypte s’élève à 11 milliards d’euros. Selon le commissaire, la coopération bilatérale va se concentrer sur « la modernisation économique, l’énergie et l’environnement, et le développement social, la protection sociale, la gouvernance qui renforcent la stabilité et un état moderne ».
Dialogue de sourd sur la situation des droits de l'homme
En matière de politique étrangère, Mme Mogherini et MM. Hahn et Shoukry ont discuté des tensions dans le Golfe, de la situation tendue au Proche-Orient, de la Syrie ou encore de la Libye.
Si, selon le Conseil de l'UE « les priorités du partenariat UE-Égypte sont guidées par un engagement commun envers les valeurs universelles de la démocratie, de la primauté du droit et du respect des droits de l'homme », le sujet fait naître des tensions entre Européens et Égyptiens.
Devant la presse, Mme Mogherini et M. Shoukry se sont renvoyés la balle, chacun critiquant la situation chez l’autre. La Haute Représentante a souligné les inquiétudes de l’UE concernant la loi sur les ONG et rappelé l’importance de la société civile. Le ministre égyptien a, lui, dénoncé une « hausse de la xénophobie et de l’islamophobie et des restrictions liées aux mesures antiterroristes » dans certains États membres. Et alors que les Européens ont mis en avant le cas de l’étudiant italien Giulio Regeni torturé et tué en Égypte (EUROPE 11485), M. Shoukry a rétorqué que plusieurs Égyptiens avaient disparu ou été retrouvés morts en Italie et que les enquêtes patinaient. M. Hahn a estimé que le domaine de la démocratie était « un défi essentiel en Égypte ». (Camille-Cerise Gessant)