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Bulletin Quotidien Europe N° 11795
ACTION EXTÉRIEURE / Mercosur

Négociations de libre-échange, les Français du groupe PPE au PE exigent de protéger le bœuf

La délégation française du groupe PPE au Parlement européen a appelé la Commission européenne, mercredi 24 mai, à protéger les secteurs agricoles sensibles, notamment celui de la viande bovine, dans le cadre des négociations en cours pour un accord de libre-échange UE/Mercosur.

Les eurodéputés français Renaud Muselier, Tokia Saïfi, Michel Dantin et Franck Proust ont jugé « insatisfaisante » la réponse de la Commission datée du 15 mai à leur question écrite du 27 mars suite au scandale de la viande avariée au Brésil.

« Nous défendons la conclusion d'accords commerciaux ambitieux et équilibrés avec des pays tiers, mais nous rappelons que l’agriculture n’est pas une monnaie d’échange et que la sécurité sanitaire des consommateurs n’est pas négociable. Aucun élément de réponse n’est donné, ni sur la garantie du respect des normes sanitaires et phytosanitaires de l'UE, ni sur la différence de compétitivité et de normes de production entre l’UE et les pays du Mercosur », regrettent-ils.

« Nous devons protéger nos secteurs agricoles sensibles - notamment la viande bovine - et garder à l’esprit l’objectif d’accéder à des marchés étrangers qui représentent de vraies perspectives de croissance pour les secteurs agricoles de l'UE compétitifs à l’exportation », ajoutent-ils, rappelant que le PE se prononcera sur l'accord commercial UE/Mercosur et possède un droit de veto.

Dans sa réponse aux inquiétudes des députés français du PPE, le commissaire à l'Agriculture, Phil Hogan, a rappelé que l'étude du Centre commun de recherche de la Commission sur les effets cumulés des accords de libre-échange conclus ou en cours de négociation sur le secteur agricole de l'UE a fait apparaître que « des effets néfastes sont à prévoir pour certains secteurs ».

L'étude a aussi conclu que le secteur de la viande bovine devrait être considéré comme « sensible » dans le cadre de ces négociations, « autrement dit qu'il ne peut être totalement libéralisé et que les concessions doivent être soumises à une limite quantitative appropriée ».

Enfin, la Commission a assuré que la fraude découverte dans des établissements de transformation des viandes brésiliens faisait l'objet d'un traitement approprié par ses services.

Un scandale alimentaire de grande ampleur a éclaté le 17 mars au Brésil, où un immense réseau de commercialisation frauduleuse de viandes avariées, impliquant nombre d'inspecteurs des services sanitaires et les grands industriels du secteur, a été démantelé (EUROPE 11751).

Relancées en mai 2016, les négociations sur le volet commercial d'un accord d'association UE/Mercosur ont progressé lors du deuxième round de pourparlers, fin mars à Buenos Aires. Le prochain round de négociations est programmé début juillet à Bruxelles. La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, et la ministre argentine des Affaires étrangères, Susana Malcorra, ont confirmé, le 20 avril, leur engagement à conclure un accord d'ici fin 2017. (Emmanuel Hagry)

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