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Bulletin Quotidien Europe N° 11772
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The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit / The b-word

Les élections à venir au Royaume-Uni, un événement de second plan dans les négociations sur le 'Brexit'

 

Le Premier ministre britannique, Madame Theresa May, a créé la surprise en annonçant la tenue d’élections législatives. Bien que déstabilisant, ce scrutin est toutefois un événement de second plan alors que le pays vient de lancer le processus menant au 'Brexit'.

Les fonctionnaires européens ont eu toutes les peines cette semaine à convaincre que ces élections, prévues le 8 juin, ne reporteront pas de plus de deux semaines le calendrier établi pour les négociations du 'Brexit', tout en adoptant un ton de plus en plus ferme dans leurs projets de textes de négociation à ce sujet.

Cette semaine, Donald Tusk, le président du Conseil européen, a résumé sur Twitter le sentiment suscité par cette annonce. « C’est Hitchcock qui a réalisé le 'Brexit' », a-t-il écrit, après avoir appris la tenue des élections britanniques. « D’abord un séisme, puis la tension monte » (EUROPE 11769).

Philippe Lamberts, coprésident du Groupe des Verts au Parlement européen, a déclaré que les sujets les plus délicats qui seront abordés lors des prochaines négociations porteront sur les droits des citoyens et la frontière irlandaise.

Les citoyens

Les lignes directrices de négociation sur la table, qui doivent être entérinées par les dirigeants européens le 29 avril, font désormais référence à « des procédures administratives souples et simples » pour les citoyens en quête d’un titre de séjour après le 'Brexit'.

Un document officieux de la Commission, qui sera présenté au cours d’une réunion des 'sherpas' des États membres le 24 avril, préconise également que les titres de séjour soient délivrés en suivant « une procédure simple et rapide ».

Ce texte fait suite à des plaintes émises par plusieurs pays de l’UE qui rapportent que leurs citoyens sont confrontés à un nombre croissant d’obstacles bureaucratiques au Royaume-Uni depuis que le pays a voté la sortie de l’UE en juin dernier.

Les citoyens non britanniques peuvent acquérir la qualité de résidents permanents au Royaume-Uni après avoir vécu pendant cinq années consécutives dans le pays. Mais pour ce faire, ils doivent compléter un formulaire complexe de 85 pages. En outre, les articles de presse regorgent de témoignages de ressortissants européens à qui l’on a conseillé de « se préparer à partir » car ils ne remplissent pas les conditions requises.

Des sources présentes lors d’une précédente réunion des 'sherpas' des États membres organisée le 11 avril ont souligné qu’il existait un consensus sur les lignes directrices de négociation dans leur ensemble. Une légère modification est également attendue en ce qui concerne les termes des engagements budgétaires du Royaume-Uni vis-à-vis de l’UE. Mais une autre source a déclaré que les Vingt-sept souhaitaient une plus grande clarté sur la séquence des négociations du divorce et sur les prochaines négociations commerciales.

La séquence

Le projet de lignes directrices insiste pour que des « progrès suffisants » soient accomplis dans l’accord de divorce avant que les négociations sur le commerce puissent commencer.

Mais l’Irlande, les Pays-Bas et le Danemark, qui entretiennent de solides relations commerciales avec le Royaume-Uni, font pression pour conclure ces négociations de divorce le plus rapidement possible pour pouvoir se concentrer sur les échanges commerciaux.

Les dirigeants des trois pays se sont réunis à La Haye vendredi pour plaider leur cause. « J’espère que nous pourrons voir des progrès considérables dans la première phase des négociations afin de pouvoir entamer les négociations relatives au cadre de la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE », a déclaré le Premier ministre irlandais, Enda Kenny. « Étant donné l’étendue de nos liens commerciaux et économiques avec le Royaume-Uni, il sera important de mettre ces questions essentielles sur la table dès que des progrès suffisants auront été accomplis », a-t-il ajouté.

Près d’un cinquième des exportations totales de l’Irlande sont destinées au Royaume-Uni, qui est le principal destinataire des exportations du pays au sein de l’UE. Les Pays-Bas et le Danemark comptent également le Royaume-Uni parmi leurs trois principaux partenaires pour leurs exportations, selon Eurostat.

La crainte que des pays comme la France cherchent à punir le Royaume-Uni afin de dissuader d’autres États membres de quitter l’UE se répand dans les économies plus ouvertes de l’Europe.

Le député européen Bryan Hayes (PPE, irlandais) a expliqué que « certains pays voulaient jouer serrer avec le Royaume-Uni », et qu’il était nécessaire de s'allier pour contrer cette tendance. « Le 'Brexit' représente une bataille diplomatique avec de grands enjeux, et beaucoup de choses dépendront de la solidité de nos alliances avec nos partenaires des pays baltes, nordiques et du Benelux. Ils émettent le même message en demandant un 'Brexit' en douceur », ajoute M. Hayes.

Lunité

Les dirigeants européens insistent pour que les Vingt-sept restent unis lors des négociations menant au 'Brexit', un souhait répété par les représentants irlandais, danois et néerlandais après leur réunion de vendredi.

Mais la question du commerce et la concurrence que se livrent les États membres pour accueillir après le 'Brexit' l’Autorité bancaire européenne (EBA) et l’Agence européenne des médicaments (EMA) établies à Londres pourraient encore compliquer les négociations dès leur amorce (EUROPE 11770).

« Les intérêts sont différents parce que les États membres sont différemment affectés », précise M. Lamberts. « Les gens voient l’intérêt de faire front commun dans ce dossier », ajoute-t-il. « Les Britanniques peuvent essayer de diviser l’Union à vingt-sept, mais nous verrons dans quelle mesure ils y parviendront ».

Les lignes directrices du 'Brexit' seront adoptées par les dirigeants européens lors d’un sommet qui se tiendra le 29 avril. Les directives de négociation seront, quant à elles, signées au cours d’une réunion des ministres des Affaires européennes le 22 mai. L’UE et le Royaume-Uni pourront, dès lors, entamer les négociations, bien que celles-ci ne devraient pas débuter avant la formation d’un nouveau gouvernement britannique. (Version originale anglaise par Sarah Collins)

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