Bruxelles, 21/02/2016 (Agence Europe) - Les chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne ont appelé, dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 février, à l'« arrêt immédiat des bombardements dans des zones civiles » en Syrie, « en particulier dans le corridor entre la ville d'Alep et la frontière turco-syrienne ».
Dans ses conclusions, le Conseil européen a condamné les bombardements « répétés » d'infrastructures civiles, se disant préoccupé par le risque d'une nouvelle escalade militaire. Il a appelé le régime de Bachar el-Assad et « ses alliés » à « mettre immédiatement un terme » aux attaques contre les groupes de l'opposition considérés comme non terroristes. Les attaques dirigées à leur encontre menacent en effet, selon le Conseil, « les perspectives de paix, profitent à Daech et alimentent la crise des réfugiés ».
Ils ont ainsi rappelé l'importance de respecter les engagements pris par le groupe international de soutien à la Syrie du 12 février (EUROPE 11489), dont surtout la cessation des hostilités qui devait être mise en œuvre au plus tard le 19 février. Or, la Fédération de Russie soutient le régime syrien dans sa reprise d'Alep, alors que la Turquie bombarde en même temps des positions kurdes sur le territoire syrien.
Le président français, François Hollande, qualifiant la Syrie de « pays martyr », a rappelé qu'il fallait garder l'objectif de frapper avant tout Daech car ce groupe terroriste « nous frappe ». « Cela vaut pour la Russie et la Turquie », a-t-il ajouté, à Bruxelles.
Le Conseil européen a aussi salué le fait que de l'aide humanitaire ait pu être acheminée en une semaine dans les villes assiégées. Jeudi 18 février, 114 camions avaient en effet pu livrer de l'aide humanitaire dans cinq des sept villes assiégées, au bénéfice de 83 000 personnes, avait indiqué la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini.
Mais cela ne suffit pas. Aussi les chefs d'État ou de gouvernement ont-ils pressé toutes les parties de veiller à ce que ces livraisons puissent se poursuivre, en garantissant un accès humanitaire sans entrave et continu dans tout le pays, y compris à Alep, conformément au droit humanitaire international et aux engagements pris à Munich. « Il est très important de rendre possible l'acheminement de l'aide à Alep, une ville emblématique », a souligné la chancelière allemande, Angela Merkel, à l'issue du sommet. (Camille-Cerise Gessant et Aminata Niang)