Bruxelles, 22/01/2016 (Agence Europe) - Selon Dieter Zetsche, le nouveau président de l'ACEA, l'association des constructeurs automobiles européens, il est nécessaire de mieux articuler la législation en matière d'émissions de CO2 avec celle sur les cycles d'essai d'homologation des véhicules, a-t-il déclaré à l'occasion du 25ème anniversaire de l'association, jeudi 21 janvier.
« Il ne fait aucun doute qu'il faille de nouveaux cycles d'essai en Europe. Cependant, des réglementations importantes en matière d'émission de CO2 continuent d'être élaborées séparément de celles sur les cycles d'essai, faisant fi d'importantes interconnexions (entre les deux domaines) », a ainsi déclaré le président, abordant la question des nouveaux tests RDE en conditions réelles de conduite ('Real Driving Emissions Tests') qui devraient entrer en vigueur cette année.
Aux yeux des constructeurs automobiles, la Commission et les législateurs européens doivent fixer, premièrement, des seuils d'émission réalistes dans les normes européennes (Euro 6) et, deuxièmement, harmoniser la législation dans le cadre de la mise en oeuvre de la procédure d'essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers ('Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures '-WLTP) en laboratoire et les tests en conditions réelles de conduite.
La question de l'inadéquation entre les normes européennes et le seuil de tolérance de non-conformité dans le cadre des tests RDE est actuellement vivement débattue dans l'enceinte du Parlement européen (EUROPE 11471). Les députés ont rejeté en commission l'accord sur le facteur de conformité trouvé par les États membres en octobre (EUROPE 11421). Le vote en plénière sur l'objection portant sur le facteur de conformité devrait avoir lieu en février prochain.
Par ailleurs, le président a rappelé une fois de plus que la législation européenne ne prenait pas assez en compte le temps industriel dans sa législation. « Nous devons donner aux acteurs le temps de réaliser les potentiels de réduction desdites réglementations et de mettre en oeuvre de nouvelles technologies », a-t-il insisté, rappelant que l'adaptation aux normes européennes et aux nouvelles innovations prend en moyenne de quatre à sept ans. Ne pas appliquer ce principe aura immanquablement pour conséquence l'échec des objectifs fixés, a-t-il mis en garde.
Toujours en lien avec l'actualité, le président de l'ACEA a réitéré l'importance de la technologie diesel dans la lutte contre les émissions de CO2 (EUROPE 11408). « (Les moteurs diesel) émettent jusqu'à 20 pour cent moins de CO2 que les moteurs à essence comparables. Par conséquent, il serait insensé de ne pas tirer pleinement parti de cette technologie », selon lui. Une réponse contre une frange de la société et politique qui envisage de plus en plus l'abandon de la technologie diesel.
Concernant les perspectives de vente sur le marché européen, M. Zetsche s'est montré prudent dans ses estimations pour 2016. Les ventes devraient augmenter d'environ 2% en Europe, avec 14 millions de véhicules vendus sur l'année. Des projections positives, mais qui restent en deçà des ventes réalisées en 2007, avant la crise, qui avaient atteint 17 millions d'unités. (Pascal Hansens)