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Bulletin Quotidien Europe N° 11474
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

L'Eurogroupe pourrait choisir de promettre uniquement d'alléger la dette grecque

Bruxelles, 22/01/2016 (Agence Europe) - Le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, estime qu'une des options pour un accord entre Athènes et ses créanciers institutionnels sur une réduction de la dette grecque serait une promesse mutuelle.

« Une option serait simplement de se promettre l'un à l'autre. Les Grecs promettent à leurs partenaires européens de maintenir un excédent budgétaire primaire, en d'autres termes de maintenir un bon budget. Et nous promettons de nous tenir prêts à réduire les pics (dans le calendrier de remboursement de la dette, NDLR) dans le futur », a déclaré M. Dijsselbloem lors d'une interview à Davos au Wall Street Journal, publiée vendredi 22 janvier.

La Commission européenne a pour sa part rappelé, le même jour, que la discussion débuterait lorsque la première mission de suivi des représentants des créanciers à Athènes serait achevée. Dans le même temps, elle a souligné à nouveau qu'une coupe sèche dans la dette n'aurait pas lieu.

L'Eurogroupe a fini par reprendre à son compte un discours que tenait en tout premier lieu l'agence grecque de gestion de la dette. Celle-ci présenterait des caractéristiques uniques au sein de l'eurozone: maturité moyenne des prêts, coûts réduits du service de la dette, forte concentration de la dette aux mains du secteur public… Les données dites 'métriques' telles que le ratio dette/PIB ne rendraient pas justice à de telles caractéristiques. Une des dernières analyses de la viabilité de la dette conjointes Commission/FMI précise par ailleurs, que, selon l'institution de Washington, pour qu'une dette reste viable, les besoins bruts en financement d'un pays doivent rester sous 15% du PIB.

Faire une telle promesse « serait en fait une décision raisonnable, car le premier pic ne serait que dans dix ou quinze ans et qu'il est vraiment difficile de prédire son ampleur », a expliqué M. Dijsselbloem, ajoutant que la magnitude de l'allègement de la dette dépendra du taux de croissance en Grèce dans les années à venir. Une autre alternative sera d'essayer de calculer dès maintenant quelles mesures seraient nécessaires et de prendre des actions immédiates, a déclaré le Néerlandais.

De son côté, le FMI a, à nouveau, appelé à un allègement significatif de la dette, dans un communiqué, publié jeudi 21 janvier. L'institution de Washington a fait des réformes en Grèce et d'un allègement de la dette grecque des préconditions à sa participation au 3ème plan d'aide. Le FMI redoute, par ailleurs, qu'une dette gigantesque puisse effrayer les investisseurs. Certaines délégations de l'eurozone, notamment la France, ont également cette crainte. (Elodie Lamer)

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