Bruxelles, 26/08/2014 (Agence Europe) - Le comité de l'organisation commune des marchés agricoles devrait décider, jeudi 28 août, d'approuver des mesures sous la forme d'aides au stockage privé de beurre et, peut-être, de lait écrémé en poudre.
De telles mesures seront prises pour atténuer les effets des restrictions russes à l'importation de produits agricoles de l'UE et complèteront les mesures de soutien déjà annoncées en faveur des producteurs européens de certains fruits et légumes périssables.
S'agissant des produits laitiers, les pays les plus touchés par l'embargo russe sont les pays baltes et la Finlande. Un tiers des exportations de beurre de l'UE est destiné en temps normal à la Russie.
L'UE ne devrait pas décider de verser des aides au stockage privé de fromage, car il est espéré que l'aide au stockage privé de beurre incitera les producteurs en Lituanie ou en Finlande, par exemple, à produire, non pas du fromage, mais du beurre. L'aide au stockage privé de beurre devrait permettra de soulager l'offre sur le marché. Ces mesures de stockage privé seront contenues dans un acte d'exécution (donc directement applicable après le feu vert du comité).
Trois mesures possibles. Certaines mesures appliquées au secteur laitier servent de filet de sécurité en cas de grave déséquilibre des marchés. L'une de ces mesures consiste à acheter du beurre et du lait écrémé en poudre pour l'entreposer dans des stocks publics ('intervention publique').
Une autre mesure (celle qui va être décidée jeudi) consiste à octroyer une aide financière pour couvrir les coûts d'entreposage du beurre dans des stocks privés. Grâce à cette aide, les producteurs peuvent retirer provisoirement leur produit du marché au lieu de recourir à une intervention publique.
Les restitutions à l'exportation peuvent également être utilisées pour corriger les déséquilibres du marché.
Mesures exceptionnelles de soutien aux producteurs de l'UE de fruits et légumes périssables. Le texte final sur les mesures exceptionnelles de soutien en faveur des producteurs de l'UE de fruits et légumes périssables (mesures annoncées le 19 août) devrait être finalisé vendredi 29 août. Les mesures auront un effet rétroactif à compter du 18 août. Toutefois, le Parlement européen et le Conseil auront la possibilité de s'opposer au texte (dans les deux mois), car il s'agit d'un acte délégué. Pour rappel, ces mesures s'appliqueront jusqu'à la fin du mois de novembre et disposeront d'un budget prévu de 125 millions d'euros.
Les produits concernés par ces mesures sont les suivants: tomates, carottes, choux blancs, poivrons, choux-fleurs, concombres et cornichons, champignons, pommes, poires, fruits rouges, raisins de table et kiwis. Nous sommes en pleine saison pour les marchés de ces produits et il n'existe pas de possibilités de stockage pour la plupart, ni de marché de substitution immédiatement disponible.
Les mesures exceptionnelles prévoient: - des opérations de retrait du marché destinées en particulier à la distribution gratuite ; - l'indemnisation de non-récolte et de récolte en vert. L'aide financière sera destinée à l'ensemble des producteurs, qu'ils soient membres d'organisations de producteurs ou non.
En vue d'une réunion exceptionnelle des ministres de l'Agriculture de l'UE, prévue le 5 septembre, la Commission préparerait un relevé des dispositions qui pourraient être prises, au niveau tant communautaire que national, pour limiter l'impact de cet embargo dans les différents secteurs. Les produits ciblés par la Russie représentent au total 5 milliards d'euros, alors que les exportations agricoles et alimentaires de l'UE vers la Russie atteignent annuellement quelque 12 milliards d'euros.
Dans un communiqué publié mardi 26 août, le Copa-Cogeca demande la mise en œuvre de mesures extraordinaires de gestion du marché si celui-ci le justifie, comme un versement anticipé des paiements directs, l'intensification des campagnes de promotion afin de stimuler la demande et la recherche de nouveaux débouchés pour les produits (Chine et Moyen-Orient). « Les premières estimations montrent que les dommages dépasseront les 400 millions d'euros prévus dans le fonds de crise de la politique agricole commune (PAC). Le soutien ne devrait donc pas être uniquement financé par le budget de la PAC, mais également par d'autres fonds », selon le Copa-Cogeca. A noter que des agriculteurs polonais ont manifesté mardi 26 août à Bruxelles pour demander que l'UE fournisse des aides supplémentaires. Les agriculteurs et les coopératives agricoles d'Espagne ont manifesté aussi durant le week-end dernier. (LC)