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Bulletin Quotidien Europe N° 11094
SOMMET DU G7 / (ae) g7

Un sommet pour isoler la Russie sans fermer totalement la porte

Bruxelles, 04/06/2014 (Agence Europe) - Qu'il s'agisse de l'Ukraine ou de l'énergie, le G7, réuni depuis mercredi 4 juin à Bruxelles, maintient un langage ferme vis-à-vis de Moscou. Sans toutefois fermer la porte à la Russie, acteur-partenaire incontournable dans les principaux dossiers économiques et internationaux.

À l'ouverture du Sommet, les Européens ont fait part de leur volonté de signer l'accord d'association avec Kiev le 27 juin au plus tard, avant la tenue, début juillet, d'une réunion de coordination sur l'aide à l'Ukraine. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a annoncé que la partie restante de l'accord d'association UE-Ukraine, dont l'accord de libre-échange, serait signée « au plus tard » le 27 juin, en marge du Conseil européen. Il a également annoncé qu'il serait présent à Kiev, samedi 7 juin, pour la cérémonie d'entrée en fonction du nouveau président ukrainien, Petro Porochenko.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné qu'en réponse à un besoin grandissant de coordination internationale, une plateforme de coordination des donneurs internationaux menée par l'UE était en cours de constitution. Si le gouvernement ukrainien met « bientôt » en place un mécanisme de coordination des réformes, l'UE sera « prête à organiser, début juillet à Bruxelles, une réunion de coordination internationale à haut niveau, avant une conférence internationale des donneurs, avant la fin de l'année », a-t-il aussi indiqué.

Énergie. Concernant la sécurité énergétique de l'UE et de l'Ukraine, « nous convenons que l'énergie ne doit pas servir d'arme politique », a martelé M. Barroso, pour qui « le sommet du G7 doit être ferme et encourager la Russie à renoncer à cette arme ». Dans le cadre des négociations trilatérales sur le différend gazier russo-ukrainien, « la Commission fait tout son possible pour faciliter un accord équitable », a poursuivi M. Barroso. « Il s'agit de se mettre d'accord sur le paiement des arriérés (de la dette ukrainienne), sur un prix équitable du gaz russe pour l'Ukraine et sur la modernisation du système de gazoducs ukrainien », a-t-il précisé, pressant les parties de « faire les efforts finaux nécessaires pour le climat (politique) général dans la région ».

En matière de sécurité énergétique, dans un contexte plus global, « la crise ukrainienne a confirmé, une fois encore, qu'il est dans l'intérêt de tous les pays du G7 d'avancer vers un futur énergétique à faible teneur en carbone, concurrentiel et à approvisionnement sûr », a estimé le président de la Commission. « Nous appelons les dirigeants du G7 à endosser les principes et les actions immédiates proposées par leur ministre de l'Énergie, réunis début mai à Rome », a-t-il ajouté. L'initiative du G7 'Énergie' prévoit de compléter les efforts de la Commission pour développer des plans d'urgence pour l'hiver 2014-2015 au niveau régional et échanger les meilleures pratiques pour l'évaluation de la vulnérabilité en matière de sécurité énergétique. Dans ce cadre, l'AIE prépare des options pour des actions individuelles et collectives du G7 dans le domaine de la sécurité du gaz et pour fournir une assistance technique à l'Ukraine (EUROPE 11073).

Sur le plan économique, les Européens se réjouissent de n'être plus montrés du doigt en raison de la crise financière et de la dette qui menaçait jusqu'à récemment l'existence de l'euro. Ils mettent désormais en avant le retour de la croissance sur leur continent depuis le 2ème trimestre 2013. « La reprise se concrétise cette année et devrait se poursuivre l'année prochaine à un niveau allant jusqu'à 2% (du PIB) en moyenne dans l'UE. Cette situation qui s'améliore est également vraie dans les économies vulnérables de la zone euro », a estimé M. Van Rompuy. Même si le nombre de chômeurs pourrait diminuer d'« 1,6 million » entre 2013 et 2015, le chômage est « bien trop élevé », a-t-il nuancé, appelant à la poursuite des réformes.

Commerce. « Le sommet du G7 ne doit laisser subsister aucun doute quant au fait que le commerce international est un des piliers de la stratégie de l'UE pour la croissance mondiale », a indiqué M. Barroso. « Nous restons engagés en faveur de l'ouverture des marchés et à libéraliser davantage les échanges. Pour preuve notre engagement pour l'agenda post-Bali (dans le cadre des négociations du round de Doha à l'OMC) et dans les négociations bilatérales avec nos partenaires du G7 », a-t-il ajouté. L'UE mène des négociations de libre-échange avec le Japon depuis mars 2013 et avec les États-Unis, les négociations TTIP, depuis juillet 2013. L'accord ficelé en octobre 2013 avec le Canada reste, pour sa part, à finaliser sur quelques aspects techniques.

Changement climatique. Sur le front de la lutte contre le changement climatique, « 2015 sera une année charnière », a souligné M. Barroso. Selon lui, « le G7 doit faire preuve de responsabilité, car c'est maintenant qu'il faut agir ». Il convient que les dirigeants du G7 donnent un élan supplémentaire pour la conférence de Paris en 2015 (COP 21) où devront être pris des engagements nationaux. « Le G7 devrait être clair. Nous voulons un accord solide, complet et juridiquement contraignant », a-t-il dit.

Développement. L'UE attend du G7 qu'il « confirme ses engagements en matière de développement », a indiqué M. Barroso. Rappelant que la lutte contre l'extrême pauvreté et pour le développement durable sont « des questions de solidarité internationale », il a souligné que la Commission européenne venait de présenter sa contribution pour permettre à l'UE d'affiner sa position sur la négociation, à l'ONU, des objectifs du développement durable qui prendront le relais des objectifs du Millénaire pour le développement au-delà de 2015 (EUROPE 11092). (MB/AN/EH/CG)

 

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