Bruxelles, 06/11/2012 (Agence Europe) - Plusieurs leaders européens ont tenté d'apaiser les inquiétudes sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro, mardi 6 novembre alors que des grèves à répétition paralysent de nouveau le pays cette semaine. Malgré le rejet par la rue du paquet de mesures d'économies supplémentaires sur le point d'être entérinées au Parlement grec, le chef de file de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, s'est montré « optimiste » quant à la détermination d'Athènes à mener à bien les réformes conditionnant l'octroi d'une prochaine tranche d'aide, que les Grecs nécessitent avant le 16 novembre, date à laquelle ils doivent honorer une échéance de dette proche de 5 milliards d'euros. De toute façon, selon M. Juncker, les Grecs n'ont « pas d'autre option », rapporte l'AFP. Il a également loué le sérieux avec lequel le gouvernement de M. Samaras s'attelait à la tâche.
Le projet pluriannuel de loi de Finances du gouvernement grec, qui sera soumis ce mercredi soir aux votes selon une procédure d'urgence, prévoit pas moins de 18 milliards d'euros d'économie d'ici 2016. Présentant ce plan au parlement national, le ministre des Finances, Yannis Stournaras, a tenté de faire avaler la pilule aux députés grecs en évoquant leur « responsabilité morale » de terminer l'effort entrepris et d'éviter « la faillite » du pays. Malgré leur opposition aux mesures relatives au marché du travail, les députés de la Gauche Démocratique (Dimar), qui font partie de la coalition gouvernementale, devraient finalement approuver le budget, selon le quotidien Kathimerini.
L'objectif d'Athènes est de pouvoir présenter des résultats concrets aux ministres des Finances de la zone euro, qui se réuniront lundi 12 novembre à Bruxelles. Sur ce point, le Commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a déclaré lundi à l'issue d'une réunion du G20 au Mexique, que les parties se trouvaient « sur la bonne voie pour être en mesure de prendre une décision le 12 novembre ». Et d'ajouter qu'il fallait « avoir une vision commune sur la manière de réduire le fardeau de la dette » d'ici cette réunion des Dix-sept.
Pour rester sous perfusion financière de l'Eurozone, Athènes va donc devoir se serrer davantage la ceinture. Outre les mesures budgétaires, le projet prévoit de réduire de 15 % les pensions et de repousser de deux ans l'âge de la retraite, de 65 à 67 ans. Les employés du secteur public devront quant à eux faire une croix sur les primes de Noël et de Pâques. Des hausses de taxes sont également prévues.
Quant à la décision relative à la prochaine tranche d'aide, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a déclaré mardi en marge du sommet de l'ASEM tenu au Laos qu'elle interviendrait « au moment opportun ». Il a appelé les autorités grecques à finaliser les discussions avec leurs créanciers. (EL)