Bruxelles, 05/08/2011 (Agence Europe) - L'objectif est d' « arriver absolument à un pacte de stabilité, de croissance et de cohésion sociale endéans le mois de septembre », a déclaré le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, à l'issue d'une rencontre avec le patronat et les syndicats, jeudi 4 août, après la clôture de la bourse de Milan. Et le « Cavaliere » d'ajouter: « Je ne crois pas que la crise s'aggravera et nous ne devons pas nous effrayer du maintien éventuel des 'spreads' actuels, parce que, de toute façon, ils se réfèrent à des fractions de la dette publique…qui comporteraient une augmentation de nos coûts très relative par rapport à la totalité des coûts eux-mêmes ». Pour sa part, le ministre italien de l'Économie, Giulio Tremonti, a parlé d'une « méthode de travail » qui comporte des contacts suivis avec la Commission européenne, le FMI et l'OCDE, pour une « concertation sur le parcours et les propositions ». Il a souligné aussi l'importance de tenir informée la BCE, qui ne peut cependant pas être incluse directement dans le processus.
Le but était à la fois de rassurer les marchés, l'opinion publique italienne et les partenaires sociaux, effrayés par la brutalité et la rapidité de l'évolution actuelle de la crise. Prenant acte de la gravité de la situation, syndicats et patronat ont demandé des mesures urgentes et sans « faux fuyants », en présentant, la semaine passée, des propositions concrètes au gouvernement. Le plan annoncé par le Premier ministre italien reprend l'essentiel de ces propositions: l'inscription dans la Constitution de la « règle d'or » de l'équilibre budgétaire prônée par le ministre Tremonti, l'adoption rapide de la réforme de la fiscalité, la modernisation du marché du travail, l'accélération des chantiers d'infrastructures, les privatisations et les libéralisations ou la diminution du « coût de la politique ».
Cette annonce ne semble cependant pas avoir rassuré les marchés, puisque les taux italiens à dix ans dépassaient toujours les 6% le 5 août, bien que l'on ait observé une légère détente du différentiel entre les bons du Trésor italiens (BTP) et les Bunds allemands, retombé à 380 points, après avoir dépassé les 400 dans la journée de jeudi. (F.G.)