login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10435
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/Économie

Mobilisation politique pour contrer la chute des bourses

Bruxelles, 05/08/2011 (Agence Europe) - Au terme d'une semaine boursière noire sur les places européennes, les responsables politiques de la zone euro s'activent. Des entretiens ont eu lieu vendredi 5 août en fin d'après-midi entre Nicolas Sarkozy, le président français et la chancelière allemande Angela Merkel, et entre M. Sarkozy et le premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero.

Olli Rehn, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, a remis sur la table l'idée des obligations européennes (eurobonds), une idée soutenue par le ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker et son homologue italien, Giulio Tremonti. M. Rehn a aussi demandé un peu de temps aux marchés financiers pour mettre en œuvre les décisions du 21 juillet du sommet sur l'eurozone sur le second plan d'aide à la Grèce et les nouveaux éléments du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Il a aussi défendu les mesures budgétaires et économiques prises par l'Italie et l'Espagne pour endiguer la crise. Le commissaire a estimé aussi que l'Italie et l'Espagne ne devraient pas avoir besoin de plan d'aide, au regard de leurs fondamentaux économiques.

Euro-obligations. La Commission européenne présentera en septembre un rapport sur la faisabilité de ces eurobonds, quand un accord sera conclu sur l'importante réforme de la gouvernance économique. « Il faut voir si de tels eurobonds pourraient améliorer la discipline budgétaire et améliorer la liquidité sur le marché obligataire en Europe, de sorte que les pays qui jouissent des meilleures notes sur les marchés ne voient pas leurs coûts d'émission augmenter. Mais ne nous précipitons pas », a dit à la presse M. Rehn. Avec ces euro-obligations, une option combattue jusqu'à présent par l'Allemagne, les pays de la zone euro mutualiseraient une partie de leurs emprunts sur les marchés, avec un taux d'intérêt moyen où les pays puissants protègeraient les plus fragiles. Ils consistent à émettre des titres de dette communs aux États européens. Ces titres seraient garantis par l'ensemble des États membres de la zone euro, afin de permettre aux pays incapables d'emprunter sur les marchés à des conditions acceptable sur les marchés, de pouvoir se financer.

Tensions pas justifiées. « Les marchés n'ont pas réagit comme nous l'avions espéré aux mesures décidées le, 21 juillet par les chefs d'État et de gouvernement des pays de la zone euro », a dit à la presse Olli Rehn. Or, d'après lui, la propagation des tensions sur le marché des obligations dans la zone euro n'est pas justifiée par les fondamentaux économiques et budgétaires. La reprise économique se poursuit dans la plupart des régions de la zone euro, tandis que des étapes importantes dans la consolidation budgétaire et les réformes structurelles sont en cours partout en Europe et en particulier dans les États membres les plus exposés aux tensions sur le marché, a estimé le commissaire.

Il a expliqué que certaines tensions s'expliquent par des évènements en dehors de la zone euro, comme les négociations aux États-Unis sur le plafond de la dette ou des données qui montrent un affaiblissement de l'économie mondiale. Mais il a admis que certaines sources de tensions sont dues au fait que « nous avons éprouvé des difficultés à communiquer aux marchés le contenu de cet accord » du 21 juillet.

Italie et Espagne. « Les perturbations du marché constatées ces derniers jours ne sont pas justifiées au regard des fondamentaux économiques. Elles ne sont pas justifiées s'agissant aussi bien de l'Italie que de l'Espagne », a déclaré M. Rehn. Ces deux pays se sont engagés à prendre des mesures ambitieuses, a martelé le commissaire.

L'Italie envisage de parvenir à un budget équilibré en 2014. Le gouvernement italien a aussi annoncé que des mesures seront prises pour réduire les besoins en financement au cours des prochains mois. La Commission soutient aussi la volonté d'inscrire dans la Constitution du pays la règle du budget en équilibre, pour respecter de manière permanente les engagements qui découlent du Pacte de stabilité et de croissance. Il a conseillé à l'Italie d'ouvrir les professions fermées et de reformer davantage le marché du travail.

L'Espagne prévoit l'adoption de toute une série de mesures. Elle a fait d'énormes progrès dans les domaines de la consolidation budgétaire, de la restructuration du secteur des banques, de la réforme des pensions et des réformes des marchés du travail et des produits, a estimé le commissaire.

Mise en œuvre des décisions du 21 juillet. « Nous faisons ce qui est nécessaire pour mettre en œuvre pleinement et aussi vite que possible l'accord du 21 juillet », a dit M. Rehn. « Cela aurait été fantastique si les décisions prises lors du sommet avaient été appliquées dès le 22 juillet (le lendemain, ndlr), mais cela était impossible », a estimé M. Rehn. Les experts des pays de la zone euro, soutenus par les services de la Commission, travaillent « nuit et jour pour mettre en œuvre l'accord du 21 juillet, et nous progressons rapidement ». « Afin de mettre fin à l'incertitude, le processus technique et politique devrait être finalisé d'ici début septembre », a indiqué M. Rehn. « Je suis convaincu que, une fois que les investisseurs comprendront que tout ce travail est en cours dans les coulisses, ils seront rassurés quant à la mise en œuvre de l'accord du 21 juillet ».

FESF. M. Rehn a rappelé que depuis longtemps la Commission préconise de renforcer les capacités de prêt du FESF et d'élargir le champ de ses activités. « Nous devons être prêts à adapter nos outils de gestion de crise afin qu'ils soient crédibles et efficaces. Pour être efficace, le FESF doit être crédible et respecté par les marchés. Ainsi, il devra être évalué en permanence », a fait valoir le commissaire. Le FESF, créé en 2010 pour venir en aide à l'Irlande et au Portugal, dispose d'une capacité effective de prêts de 440 milliards d'euros. Un volume jugé insuffisant pour venir en aide à un pays de la taille de l'Italie, par exemple.

Grèce. Les préoccupations aigües sur la Grèce « ne sont pas justifiées », a lancé le commissaire. Les investisseurs ne sont pas convaincus que la dette de la Grèce va devenir soutenable. M . Rehn ne partage pas cette analyse. L'accord du 21 juillet a permis d'améliorer grandement les termes et les conditions du financement de la dette publique grecque (extension de la maturité moyenne de tous les prêts et diminution des taux d'intérêt sur les prêts publics).

La Commission a estimé par ailleurs que la BCE va continuer à faire ce qu'il faut pour préserver la stabilité financière dans la zone euro. M. Rehn a enfin jugé qu'une coordination avec le G7 et le G20 était capitale pour résoudre la crise que traverse la zone euro et qui a désormais des répercussions mondiales. (L.C.)