Bruxelles, 01/08/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne a décidé lundi 1er août de renforcer ses sanctions contre le régime de Damas et a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d'agir pour mettre fin aux violences, après l'intervention de l'armée syrienne à Hama qui a fait une centaine de morts.
Dimanche 31 juillet, lors d'une intervention massive dans les villes rebelles du pays, l'armée et les forces de sécurité syriennes ont tué 139 personnes, dont cent à Hama, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de bilans de plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme.
« Il est temps pour le Conseil de sécurité de prendre une position claire sur la nécessité de mettre fin à la violence », a affirmé lundi 1er août Mme Ashton dans un communiqué. Le Conseil de sécurité de l'ONU a prévu de se réunir d'urgence plus tard dans la journée. Mme Ashton a par ailleurs confirmé la décision de l'UE de sanctionner cinq nouveaux proches du président syrien Bachar al-Assad. Le renforcement des sanctions n'est pas une réaction aux évènements du week-end, car la décision était prévue depuis jeudi dernier.
« Aujourd'hui (lundi), l'UE a décidé d'imposer de nouvelles mesures restrictives, sous la forme d'un gel des avoirs et d'une interdiction de voyager à l'encontre de cinq individus syriens impliqués ou associés à la répression violente », a affirmé la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères. Les noms de ces cinq individus doivent être publiés mardi 2 août dans le Journal officiel de l'UE. Il s'agit du quatrième train de sanctions de l'UE à l'encontre de caciques du régime syrien. Le président syrien lui-même ainsi que des sociétés liées au pouvoir et des responsables des Gardiens de la révolution iraniens, accusés d'aider le régime syrien à mater les contestataires, ont déjà été sanctionnés par l'UE.
Tout en appelant les autorités syriennes « à relâcher tout les prisonniers politiques sans autre délai et instituer un véritable et inclusif dialogue national », la Haute représentante a tenu à prévenir que l'UE va suivre de près l'évolution de la situation et qu'elle se tient prête à étendre davantage les mesures restrictives « si les hommes politiques syriens persistent dans la voie actuelle ». « Je tiens à rappeler aux autorités syriennes leur responsabilité à protéger la population », affirme aussi Mme Ashton. « La violence brutale crée un risque sérieux d'escalade des tensions et des divisions entre factions et n'est pas compatible avec de vastes réformes », a-t-elle ajouté.
Le président américain Barack Obama s'est dit « horrifié » par les événements en cours et a assuré que Washington allait chercher à isoler un peu plus Damas. L'Italie et l'Allemagne ont réclamé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, tandis que le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a demandé « davantage de pression internationale » sur la Syrie. Le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a affirmé qu'il soutenait « la proposition allemande et française d'un débat approfondi au Conseil de sécurité des Nations unies » afin de donner « un signal clair au régime syrien que cette violence doit cesser immédiatement ». Depuis le début de la contestation, la répression a fait quelque 2 000 morts, dont plus de 1 600 civils, selon des militants des droits de l'Homme.
Dans un communiqué datant de dimanche, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton s'est déclarée « choquée » après « l'intervention des forces militaire syriennes totalement injustifiable dans la ville de Hama ». Soulignant que ces violences interviennent à la veille du Ramadan, Mme Ashton a relevé que « l'armée syrienne et les forces de sécurité ont le devoir de protéger les populations civiles, pas de les massacrer ». Mme Ashton conclut: « Ces derniers développements montrent une fois encore la vacuité des promesses de réforme faites par le gouvernement. La seule façon de sortir de cette crise est de passer par un véritable dialogue national avec l'opposition ». Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a dénoncé un « massacre » et appelé Damas à commencer la passation du pouvoir. (L.C.)