Bruxelles, 21/09/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, ce mardi 21 septembre à Strasbourg, sa stratégie quinquennale visant à promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes en Europe. Cette stratégie a notamment pour objectif d'améliorer l'utilisation du potentiel féminin, et de contribuer ainsi à la réalisation des objectifs socio-économiques généraux de l'UE. Cette stratégie traduit les principes inscrits dans la Charte des Femmes en mesures spécifiques, visant aussi bien à accroître la représentation des femmes dans les conseils d'administration des entreprises qu'à la lutte contre les violences à caractère sexiste. La nouvelle enquête Eurobaromètre sur la violence envers les femmes montre que 87% des Européens soutiennent l'action de l'UE contre la violence familiale et qu'un Européen sur quatre compte une victime de ce phénomène parmi ses connaissances. Mme Reding a fait part de son intention de présenter un paquet exhaustif sur ces victimes en 2011 (EUROPE n°10218 et N° 10183).
En présentant cette nouvelle stratégie à la presse, la vice-présidente de la Commission chargée de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté, Viviane Reding, a noté qu'il y a actuellement beaucoup plus de femmes qui travaillent (60%), soit une hausse de 8% en l'espace de dix ans. Pour atteindre l'objectif de la stratégie UE 2020, à savoir un taux d'emploi de 75% pour les femmes, il faut plus de femmes sur le marché du travail en accordant une attention particulière aux femmes âgées, aux mères célibataires, aux femmes handicapées, aux femmes migrantes et aux femmes issues des minorités ethniques. « Les talents des femmes sont qu'elles résolvent les problèmes, peuvent s'atteler à plusieurs tâches à la fois et sont une excellente main-d'œuvre », a relevé Mme Reding.
Présentant les points saillants de la stratégie 2010-2015, Viviane Reding a cité: (1) la place des femmes dans le processus décisionnel. Dans les partis politiques, il revient à ces derniers de vérifier s'il y a bien une égalité entre les hommes et les femmes. Dans les milieux économiques, ce rôle de vérification revient à la Commission. Mme Reding a rappelé que, dans les conseils d'administration des entreprises, on constate qu'un membre sur dix est une femme et que 3% d'entre elles seulement arrivent au poste de président du conseil d'administration. « On peut mieux faire ! Cela va dans le sens des intérêts de la société, où il faut un équilibre 50-50, et dans ceux de l'économie car une entreprise ayant une équipe de gestion diversifiée a un taux de croissance supérieur de 2,7% », a constaté la vice-présidente ajoutant que le plus important, c'est que les entreprises elles-mêmes s'engagent dans cette voie. Viviane Reding a cité un exemple à suivre: celui de la Deutsche Telekom, qui s'est fixé l'objectif d'avoir 30% de femmes en 2015 dans son conseil d'administration et 40% en 2020. (2) un écart de salaire de 18% entre les hommes et les femmes demeure encore aujourd'hui, « et cela vaut pour l'UE ». La commissaire préconise de s'asseoir autour d'une table avec les partenaires sociaux pour qu'il y ait plus de transparence concernant la structure rémunérative des entreprises. (3) la lutte contre les violences faites aux femmes. D'après la nouvelle enquête Eurobaromètre menée auprès de 26.800 citoyens entre février et mars 2010 dans les 27 États membres de l'UE, 98% des citoyens européens sont conscients de l'existence du fléau qu'est la violence domestique (contre 94% dans l'UE 15, selon l'enquête Eurobaromètre de 1999) et une personne sur quatre dans l'UE a dit connaître, parmi ses amis ou dans le cercle familial, une femme qui est victime de la violence domestique, soit une hausse de 19% par rapport à 1999.
À la presse qui s'inquiétait de savoir si les critiques faites lors du Sommet européen à Mme Reding sur les expulsions des Roms « peuvent perturber son travail », Viviane Reding - pas du tout perturbée - a réitéré ce qui a déjà été dit: « La Commission, c'est-à-dire le service juridique et mes services, analyse les réponses fournies par la France à un double niveau: celui de l'application ou non de la directive de 2004 sur la libre circulation des personnes, et de l'application ou non de la directive sur la non-discrimination. Cette analyse, concernant la position de certains États membres, devrait être prête dans quelques jours. On prévoit de l'aborder au niveau du Collège mercredi en huit ». Pour la commissaire, « les troubles de ces derniers jours doivent servir à trouver une solution à des problèmes qui concernent 10 millions de citoyens européens. Il faut voir comment investir de l'argent et comment les États membres vont tirer une population de la pauvreté extrême (…) Il faut commencer à éradiquer cette pauvreté, faire rentrer les enfants dans les écoles et supprimer les raisons qui font entrer les Roms dans la criminalité».
Que regrettez-vous exactement dans ces critiques ? « Je regrette beaucoup que mes phrases aient été présentées de manière à ce que certaines personnes se soient senties offusquées et que l'on ne se soit pas concentré sur le problème principal. L'UE est basée sur des valeurs. Il s'agit de 500 millions d'Européens qui partagent les mêmes valeurs. Sauvegarder ces valeurs est de la responsabilité de la Commission ». (G.B.)