Bruxelles, 19/02/2010 (Agence Europe) - La Présidence espagnole de l'UE a préparé un document d'information et de réflexion sur l'avenir de la stratégie UE 2020. Axé sur le rôle que joueront les politiques d'emploi, de protection sociale et d'égalité des chances dans cette future stratégie, la Présidence recense les questions qui semblaient faire l'objet d'une grande convergence de vues entre les ministres de l'Emploi et de la Sécurité sociale de l'UE, lors de leur réunion informelle des 28 et 29 janvier à Barcelone, notamment sur la nécessité que la stratégie UE 2020 présente des objectifs plus concrets pour définir le cap que doit suivre l'Europe au cours de cette décennie (EUROPE n° 10067). La Présidence espagnole remettra son document de background aux ministres de l'Emploi et des Affaires sociales, qui se réuniront le 8 mars à Bruxelles. Aucune discussion ni échange de vues ne sont attendus sur ce document ce jour-là mais la Présidence espère que les idées qui y sont inscrites seront retenues - sous quelle forme ? De quelle manière ? La question reste posée - dans la proposition finale que présentera la Commission au Sommet européen de juin 2010 pour approbation.
Voici la teneur des réflexions de la Présidence espagnole, qui rappelle que la crise financière ne sera pas résorbée tant qu'on n'enregistrera pas de reprise sur les marchés de l'emploi et de nouvelles créations nettes d'emplois. C'est pourquoi, estime-t-elle, les incitations économiques, les politiques actives de l'emploi et la stabilisation des systèmes de protection sociale sont également toutes également nécessaires. La Présidence insiste sur le rôle déterminant que le Conseil EPSCO doit jouer pour veiller à ce que les questions concernant la dimension sociale de l'Europe soient dûment relayées au Conseil européen. C'est pourquoi, il faut renforcer la ligne d'action actuelle, qui repose sur le rôle que joue le Conseil EPSCO en tant que moyen de transmission effectif des propositions et initiatives.
Ainsi, la stratégie de l'UE devrait: (1) comporter des objectifs précis et des mesures clairement identifiables et quantifiables, avec une évaluation régulière et une adaptation en fonction de la situation de chaque pays ; (2) poursuivre un objectif à court terme qui consiste à trouver le moyen de sortir de la crise, et un objectif à moyen terme qui définisse le modèle social et économique de l'UE, nécessaire pour relever le défi de la mondialisation ; (3) accorder une attention prioritaire à l'emploi et à la cohésion sociale, comme ce fut le cas dans la stratégie de Lisbonne. Pour cela, il faut établir un dialogue effectif entre les ministres de l'Économie, de l'Emploi et des Affaires sociales pour définir des objectifs cohérents et réalistes et élaborer des mesures utiles aux citoyens européens ; (4) avoir le dialogue social comme élément essentiel de sa gouvernance ; (5) promouvoir les investissements dans le développement de nouvelles compétences qui répondent aux besoins du marché du travail, afin de dynamiser l'employabilité des citoyens européens et de garantir la croissance, la stabilité et la qualité des emplois ; (6) accorder une place importante aux questions d'égalité entre hommes et femmes ; (7) mettre en œuvre une politique de soutien à l'emploi des jeunes et autres groupes éprouvant des difficultés à entrer sur le marché du travail, courant ainsi un risque plus élevé d'exclusion sociale ; (8) favoriser l'intégration sociale et les marchés où tout un chacun peut trouver sa place, en luttant contre les discriminations et en renforçant les services sociaux d'intérêt général ; (9) être axée sur la flexicurité et renforcer la méthode ouverte de coordination sociale ; (10) comporter une dimension extérieure de l'emploi, de la protection sociale et de l'inclusion sociale, dans les enceintes internationales telles que les Nations unies et l'OIT en particulier, et être une référence pour définir la position européenne lors de la réunion des ministres de l'Emploi du G-20. (G.B.)