La Haute Représentante de l’UE, Kaja Kallas, a annoncé, jeudi 30 avril, que les relations entre l’UE et la Russie seraient au programme de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères à Limassol (Chypre), les 27 et 28 mai prochains.
Il y a « un point sur lequel nous sommes tous d'accord : il ne saurait y avoir de retour à la normale avec la Russie, même après la fin de la guerre en Ukraine. Le mois prochain, à Chypre, les ministres des Affaires étrangères de l'UE poursuivront les discussions sur notre approche vis-à-vis de la Russie et sur la meilleure façon de défendre nos intérêts de sécurité », a-t-elle expliqué à l’issue de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du nord et de la Baltique (Danemark, Estonie, Finlande, Islande, Lettonie, Lituanie, Norvège et Suède) à Kuressaare (Estonie).
Selon Mme Kallas, la réunion à Chypre sera l’occasion de présenter la vision des pays nordiques et baltes de la situation et leurs exigences envers la Russie « une fois la guerre terminée, afin qu'elle ne représente plus une menace pour aucun de ces pays ni pour l'Europe dans son ensemble ». « Avant d'engager un dialogue avec les Russes, nous devons définir clairement les sujets à aborder », a-t-elle estimé.
Tout dialogue, s’il reprend, ne devra pas se faire n’importe comment, selon la Haute Représentante, plutôt hostile à une reprise des discussions, alors que la Commission a reconnu qu'il faudrait parler à la Russie à un moment donné et que la France ou l’Italie se sont montrées plus ouvertes à une reprise du dialogue (EUROPE 13784/2). « Jusqu'à présent, nous avons constaté que la Russie refuse tout dialogue. Nous ne devons pas nous ridiculiser en jouant les demandeurs (de contact) -‘s’il vous plait, nous vous supplions de nous parler' -, mais il faut les amener à passer d’une attitude où ils prétendent négocier à de véritables négociations », a-t-elle expliqué. (Camille-Cerise Gessant)