Graham Watson a de quoi être satisfait. Il perd certes quelques élus dans un Parlement dont l'effectif se réduit, mais il est aujourd'hui au centre du jeu. Entre une droite (le PPE) et une gauche (V/ALE, PSE, GUE/NGL) dont les forces peuvent s'annuler, il peut apparaître « faiseur de rois », comme le notait, cette semaine, un communiqué de son groupe. S'il s'y prend bien, il pourra véritablement peser sur le paquet de nominations qui doit être scellé d'ici la fin de l'année. Mais peut-il vraiment espérer peser sur le contenu politique de la législature qui s'ouvre ? C'est sans aucun doute à cela qu'il pensait en appelant, dès dimanche dernier, à un accord politique. Mais le chemin est parsemé d'obstacles et la probable décision de reporter à octobre la désignation du futur président de la Commission européenne laisse le champ libre aux habituels marchandages et à un nouvel accord technique entre le PSE et le PPE. Plus que jamais, il lui faut garder la tête froide et ne pas perdre de vue l'intérêt européen, dont certains dans son groupe - d'Andrew Duff à la nouvelle venue Sylvie Goulard - comptent parmi les plus fervents défenseurs. D'autres libéraux, avant lui, ont été d'excellents présidents du Parlement, sans vraiment réussir à servir les progrès de la construction européenne. (O.J.)