login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9720
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/mauritanie

L'UE condamne fermement le coup d'État et appelle au retour à l'ordre constitutionnel dans les meilleurs délais

Bruxelles, 07/08/2008 (Agence Europe) - La Commission européenne a déclaré, jeudi 7 août, avoir pris note de l'annonce de nouvelles élections présidentielles par les militaires auteurs du coup d'État en Mauritanie, ce qui ne change rien à sa condamnation la plus ferme de la situation. Partant, elle réitère son appel au retour à l'ordre constitutionnel (EUROPE n° 9719).

« La situation est inacceptable. De nouvelles élections devraient se faire dans le cadre constitutionnel actuel. La libération du président démocratiquement élu et du Premier ministre est une pré-condition essentielle », a déclaré à la presse John Clancy, le porte-parole du commissaire européen Louis Michel, responsable des relations avec les pays africains. Interrogé sur la possible remise en cause de la coopération entre l'UE et la Mauritanie (un programme d'appui de 156 millions d'euros au titre du 10ème Fonds européen de développement pour 2008-2013) évoquée par M. Michel, le porte-parole a répondu que l'ouverture formelle de consultations politiques au titre de l'article 96 de l'Accord de Cotonou (liant l'UE à 78 États d'Afrique, de la Caraïbe et du Pacifique) n'était pas exclue. Ces consultations sont prévues en cas de violation, par l'une des parties signataires de l'Accord de Cotonou, d'un ou plusieurs « éléments essentiels » de l'accord (principes démocratiques, droits humains, état de droit, bonne gouvernance). L'objectif de ces consultations est de remédier à la situation dénoncée, mais si tel n'est pas le cas, elles peuvent conduire, en dernier ressort, à la suspension partielle ou totale de la coopération.

Dans une déclaration publiée mercredi 6 août, la présidence du Conseil de l'UE exprime sa plus ferme condamnation du coup de force mené par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. Elle rappelle que le Président Abdallahi a été élu en mars 2007 à la suite d'élections libres et transparentes. « Les tensions politiques que connaît actuellement la Mauritanie doivent se résoudre dans le cadre institutionnel issu de la transition démocratique », souligne la déclaration. La Présidence précise qu'elle « suivra l'évolution de la situation politique du pays, en étroite concertation avec l'Union africaine », et continuera de veiller, en particulier, à la sécurité des ressortissants de l'Union européenne.

Javier Solana, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), appelle au rétablissement intégral de la légalité institutionnelle conformément à l'acte constitutif de l'Union africaine qui rejette toute tentative de prise de pouvoir par la force. Le Haut représentant dit appuyer sans réserve les efforts en cours de l'UA qui visent à résoudre cette crise par la voie de la raison et du dialogue. (A.N.)