Bruxelles, 24/08/2006 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE devraient être en mesure d'annoncer ce vendredi quelles sont les contributions de leurs pays à la Finul renforcée, a indiqué jeudi une source diplomatique, annonçant que les ministres devraient également afficher leur volonté « d'aller très vite » dans le déploiement des casques bleus au Liban. Le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja, dont le pays occupe la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne, a déclaré jeudi à Berlin qu'il espérait voir l'arrivée des premiers renforts de la Finul au Liban « d'ici une semaine », laps de temps qu'il a lui-même décrit comme étant « crucial ». Il a ajouté qu'il espérait voir, si possible, l'arrivée d'autres troupes dans les semaines qui viennent.
Mercredi, la rencontre entre les directeurs politiques des ministères des Affaires étrangères des Etats membres au niveau du Comité politique et de sécurité (COPS) de l'UE au sujet de la participation des 25 à une nouvelle force intérimaire de l'ONU au Liban avait déjà permis d'« enclencher une dynamique positive », a indiqué une source européenne. Les experts ont en effet insisté sur la nécessité d'envoyer en « urgence » des forces internationales au Liban, sans pour autant préciser la durée, l'envergure et les conditions de l'intervention de chacun des pays membres. La résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui a mis le 14 août un terme à 34 jours de combats entre l'armée israélienne et le mouvement chiite libanais Hezbollah, prévoit que l'actuelle Finul, qui compte 2.000 Casques bleus, soit renforcée pour atteindre « un maximum de 15.000 hommes », afin d'épauler l'armée libanaise au Liban sud. Plusieurs pays de l'UE ont l'intention de participer à la formation du contingent de paix de l'ONU au Liban qui pourrait compter 6.000 soldats européens, et même plus selon les prévisions les plus optimistes. L'Italie s'est dite disposée à prendre la tête de la Finul et à envoyer entre 2.000 à 3.000 soldats (environ un tiers des effectifs de l'UE), soit une première force de 700 à 800 hommes qui seraient ensuite rejoints par une force d'appoint de 2000 à 2200 hommes. La France, qui a déjà transféré 200 militaires du génie au Liban, serait prête à contribuer à l'envoi d'un bataillon, soit entre 800 et 1.000 soldats. Selon El Pais, l'Espagne aurait la possibilité de déployer 700 à 800 soldats, la Finlande pourrait fournir jusqu'à 250 soldats, la Pologne pourrait également envoyer quelques centaines de soldats au Liban, et la Belgique enverrait quant à elle des démineurs. La Hongrie s'est elle aussi dite prête à participer, avec un nombre limité de soldats, l'Allemagne a d'ores et déjà précisé qu'elle n'enverrait pas de troupes de combat sur place mais pourrait contribuer à la surveillance maritime du pays et le Danemark a offert trois patrouilleurs. Chypre pourrait accueillir le siège du commandement de la force internationale au Liban, a annoncé le ministre chypriote des Affaires étrangères. Outre ces pays, la Lituanie, la Grèce, le Portugal ont donné leur accord de principe. Le Royaume-Uni et les Pays-Bas n'ont pas l'intention d'envoyer des soldats même si La Haye n'a pas exclu l'envoi d'une aide maritime en cas de besoin.
Au début de la semaine prochaine, une « conférence de génération de forces » devrait se tenir à New York pour finaliser les contributions militaires. Le problème de savoir qui va prendre la direction de la Finul élargie entre ces deux pays pourrait être résolu si la France décide de garder le commandement de la Finul sur le terrain, du moins jusqu'au terme du mandat du général français Alain Pellegrini en février 2007, et l'Italie prend la direction d'une structure au Liban dans le cadre du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) de l'ONU à New York. La majorité des Etats de l'UE ont jusqu'à présent souligné que leurs contributions à la Finul dépendaient largement des conditions d'intervention des casques bleus au Liban.
Lors de la conférence extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE, vendredi à Bruxelles, le Secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, ne manquera pas de donner aux pays membres de l'UE des détails sur l'action de la Finul au Liban.
Le président Barroso annonce un paquet d'aide au Liban
« Je suis confiant que l'Europe apportera le soutien nécessaire pour élargir la force de l'Unifil afin d'aider le gouvernement libanais à étendre son contrôle sur tout le territoire du Liban », a affirmé le Président Barroso jeudi dans un communiqué, en rappelant que l'UE a joué un rôle de pointe dans les efforts diplomatiques visant à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah. José Manuel Barroso rappelle que la Commission a déjà engagé plus de 100 millions d'euros d'aide humanitaire en faveur de la population libanaise et qu'elle a lancé des actions pour lutter contre la marée noire provoquée au Liban par les bombardements israéliens (EUROPE n° 9248). Et il ajoute: « aujourd'hui, nous annonçons que nous sommes en train de mettre en place un substantiel paquet d'aide afin d'encourager la reconstruction et renforcer le processus de réforme libanais ».