Bruxelles, 25/11/2005 (Agence Europe) - Réuni le 24 novembre à Vienne, le Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a préféré étudier une proposition de délocalisation des activités iraniennes d'enrichissement d'uranium vers la Russie plutôt que de renvoyer le dossier nucléaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Ayant « accédé aux demandes de plusieurs membres du Conseil des gouverneurs » qui ont, selon les propos, relayés par l'AFP, de l'ambassadeur britannique à Vienne, Peter Jenkins, « souhaité plus de temps pour le dialogue diplomatique sur l'avenir du programme iranien », l'UE-3 (Allemagne, France et Royaume-Uni) a soutenu l'option de la médiation russe et joué l'apaisement sur le dossier nucléaire iranien. M. Jenkins n'a toutefois pas manqué d'adresser plusieurs critiques à l'égard de Téhéran en formulant des doutes sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien depuis 18 ans et en faisant référence à un document remis par les autorités iraniennes aux inspecteurs de l'AIEA, indiquant que l'Iran possède, grâce à un réseau pakistanais clandestin, des informations sur « un processus qui n'a pas d'autre application que la production d'armes nucléaires ».
Le projet de texte de l'UE-3 soutenant l'option de la médiation russe et soumis au Conseil des gouverneurs précise notamment qu' « il existe un large consensus pour ne pas autoriser l'Iran, dans les circonstances actuelles, à mener des activités liées à l'enrichissement sur son sol ». La médiation russe, qui vise à relancer les négociations dans l'impasse depuis le rejet des propositions européennes et la reprise des activités iraniennes de conversion d'uranium en août dernier, propose d'autoriser l'Iran à convertir de l'uranium, puis à le transférer en Russie pour l'enrichir (EUROPE n° 9066). Pour le moment, cette option est toujours rejetée par Téhéran, mais l'UE-3 et la Russie ont proposé la date du 6 décembre pour une reprise des négociations. Si l'Iran doit « sérieusement considérer » la proposition russe, il « ne doit pas conclure que cette fenêtre d'opportunité restera ouverte quelles que soient les circonstances », a toutefois précisé M. Jenkins lors de la réunion de Vienne, avant d'exhorter Téhéran à « s'abstenir de toute nouvelle décision unilatérale susceptible d'aggraver la situation ». Le Conseil des gouverneurs ne devait donc pas voter, vendredi, sur une éventuelle saisine du Conseil de sécurité mais adopter un texte de compromis. Par ailleurs, si Washington a soutenu la proposition européenne, l'ambassadeur des Etats-Unis à Vienne, Gregory Schulte, a averti que l'AIEA n'aurait pas « une patience illimitée ».